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QUESTION D'ACTU

Olivier Le Pennetier

Grève des internes : "La qualité des soins pâtira de cette réforme"

ENTRETIEN. Ce mardi, les internes en médecine sont appelés à se mobiliser. Ils déplorent la fusion entre l’internat et l’assistanat, explique l'InterSyndicat National des internes (ISNI).

Grève des internes : \ LANCELOT FREDERIC/SIPA

  • Publié 18.04.2017 à 07h47
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Ce mardi 18 avril, il se peut que vous ne croisiez pas d’internes dans les services. En revanche, ils formeront sûrement une haie d’honneur dans les halls des hôpitaux partout en France. Ces futurs médecins sont appelés à protester contre la réforme de l’internat qu’ils jugent inachevée. Dans des montages photos humoristiques et cinglants diffusés sur les réseaux sociaux, des étudiants de néphrologie et des chefs de service ont notamment dénoncé les dangers que fait peser cette réforme sur la qualité de la formation des internes.

Soutenue par de nombreux syndicats de médecins et des sociétés savantes, cette mobilisation se poursuivra dans l’après-midi avec un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur. A quelques semaines des éléctions prédisentielles apportant leur lot d’incertitudes, le président de l’InterSyndicat National des Internes (ISNI), Olivier Le Pennetier, espère que cette manifestation mènera à la concertation et à des garanties.


Que dénoncez-vous ?
Olivier Le Pennetier :
Nous contestons 3 axes de cette réforme. Elle prévoit d’abord que l’internat soit saucissonné en plusieurs phases. La dernière de ces phases est pour l’instant très floue et s’apparente à un assistanat déguisé. Jusqu’à maintenant, l’assistanat suivait l’internat. Or cette réforme prévoit de faire glisser l’assistanat dans l’internat, ce qui va réduire le temps et la qualité de notre formation.

Cette réforme des études médicales impactent également les maquettes de spécialités, les semestres à valider pour devenir spécialiste d’une discipline vont changer. Ces modifications devaient être actées en accord avec l’ensemble des enseignants et des étudiants. Or dans certaines disciplines, cela a été mal fait. C’est notamment le cas de la cardiologie, la gastroentérologie, la néphrologie ou encore la psychiatrie, sans parler de l’anesthésie réanimation où un nouveau diplôme d’études spécialisées (DES) doit être créé.

Enfin, on ne veut pas qu’il y ait un problème de télescopage entre les nouveaux internes soumis à cette réforme qui se verront imposer des stages au cours de leur internat, et les internes actuels qui ont une liberté plus grande. Car au final ce seront les internes actuels qui seront lésés puisque les nouveaux internes auront la priorité sur les postes proposés.

Ecoutez l'intégralité de l'entretien avec Oliver Le Pennetier : 

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Quelles seront, selon vous, les conséquences de cette réforme ?
Olivier Le Pennetier :Si la durée de l’internat est raccourcie, la formation sera moins bonne et les soins apportés aux patients en pâtiront. Et surtout les services reposeront sur des étudiants peu encadrés et mal formés. 

Quelles sont vos réclamations ?
Olivier Le Pennetier : Concernant la fin de notre internat, nous voulons toujours être considérés comme des étudiants et bénéficier d’une autonomie supervisée, et donc avoir accès à un médecin titulaire. Si nous sommes considérés comme des assistants, et non plus des internes, nous voulons une revalorisation salariale.

Nous soulevons aussi le problème de l’accès au secteur 2. Actuellement deux ans en tant qu’assistant ou chef de clinique assistant, nous donne accès au secteur 2. Nous demandons donc que l’année obligatoire d’assistanat instauré dans l’internat soit reconnue. Et de même, nous demandons que les postes d’assistants ne soient pas supprimés.

Vous êtes soutenus par des syndicats et des sociétés savantes, mais des voix se sont élevées contre cette mobilisation, notamment le doyen de l'université Paris VI…
Olivier Le Pennetier : Cette mobilisation divise car cette réforme est en discussion depuis 2009, elle est donc attendue. Tout le monde veut améliorer les études médicales donc tout le monde perçoit ce texte comme un aboutissement. Mais dans le détail, cette réforme ne va pas du tout. Nous sommes encore dans le brouillard complet, et en plus dans 4 semaines nous n’aurons pas les mêmes personnes devant nous, tout change. Il est donc très difficile d’avoir des garanties.

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