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Campagne de prévention

Sécurité routière : les médicaments en vente libre peuvent aussi poser problème

Plus de 3 % des accidents de la route mortels sont liés à la prise de médicaments. Pour inviter les patients à plus de vigilance, le gouvernement lance une campagne.

Sécurité routière : les médicaments en vente libre peuvent aussi poser problème sabphoto/epictura

  • Publié 23.03.2017 à 16h23
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C’est un élément oublié des chiffres de la sécurité routière. En 2016, près de 3 500 personnes sont mortes sur les routes de France. Parmi ces accidents, plus de 3 % sont liés à la consommation de certains médicaments. Ce 23 mars, la Sécurité routière s’attaque à cette thématique trop peu abordée. En partenariat avec la Direction générale de la Santé et l’Ordre des pharmaciens, elle lance une campagne d’information à destination des patients et des professionnels de santé.

Depuis 2008, des pictogrammes sont affichés sur l’emballage de certains médicaments, qui peuvent avoir un effet négatif sur la conduite : baisse de vigilance, perte de réflexe, assoupissement… Ces logos veulent alerter les soignants et les patients des risques derrière le volant. Et pourtant, dans un cas sur deux, les accidents mortels sont liés à une consommation de benzodiazépines – médicaments prescrits à 11 millions de Français. Le message ne passe donc pas. En tout cas, pas suffisamment.

La Sécurité routière et les autorités sanitaires ont donc amplifié leur action. La convention signée par les trois partenaires les engage, jusqu’en février 2020, à mieux informer. Cela passe par un kit de communication distribué en pharmacie. Mais l’Agence nationale de sécurité du médicament a, elle aussi, revu sa méthode, avec un travail de réévaluation des différentes substances à risque. Une quinzaine de molécules passent ainsi en niveau 3, qui signale une « incompatibilité majeure avec la conduite automobile ». Ce sont principalement des benzodiazépines.

Décryptage de ces nouveaux outils avec Emmanuel Lagarde, directeur de recherche à l’Inserm. A la tête de l’équipe « Prévention et prise en charge des traumatismes », à Bordeaux (Gironde), il est l’auteur de plusieurs travaux sur l’impact des prescriptions médicamenteuses sur les accidents de la route.

Faut-il sensibiliser davantage les patients au moment de la prescription ?

Emmanuel Lagarde : C’est tout l’objet de la signature de cette convention : sensibiliser les patients, les prescripteurs et les pharmaciens, à ce système de pictogrammes. Il répond à la nécessité d’informer les patients. Ils doivent connaître les risques associés à l’utilisation des médicaments. Il faut aussi que ce soit utilisé et pris en compte. C’est l’affaire des prescripteurs et des pharmaciens.

Ecoutez l'intégralité de l'entretien avec Emmanuel Lagarde :

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Quels sont les médicaments dont il faut le plus se méfier ?

Emmanuel Lagarde : Là aussi, certains médicaments posent plus problème que d’autres, et c’est tout l’objet des pictogrammes : indiquer ceux qui posent problème ou non. Cette gradation, mise en place il y a quelques années, comporte trois niveaux de risque. Le niveau trois est le niveau le plus sérieux, où il est strictement déconseillé de conduire en les utilisant. Toutes les classes de médicaments qui ont un impact sur le système nerveux ou le fonctionnement du cerveau ont vocation à modifier les capacités de conduite.

La question se pose classe par classe. Evidemment, les médicaments psychotropes sont les plus concernés, notamment les benzodiazépines et les hypnotiques associés aux benzodiazépines. Mais d’autres médicaments dans d’autres classes sont également concernés. C’est pourquoi les pictogrammes existent : il n’est pas si simple de raisonner en termes de classes, et dans chaque classe, on doit se poser la question médicament par médicament.

 

Comment peut-on gérer la question des médicaments en vente libre ?

Emmanuel Lagarde : Dans ce cas précis, il relève de la responsabilité du patient de s’informer, de regarder le pictogramme. C’est pourquoi la diffusion de l’information est nécessaire aussi auprès des pharmaciens qui délivrent ces médicaments, et du public. C’est un effort collectif qui concerne l’ensemble de la chaîne de délivrance du médicament.

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