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Présence de mercure

Maladie de Charcot : trop de poisson associé à un risque accru

Une consommation élevée de poisson est associée à un risque accru de développer la maladie de Charcot. Le mercure est le suspect principal de ce lien.

Maladie de Charcot : trop de poisson associé à un risque accru alexraths/epictura

  • Publié 22.02.2017 à 16h44
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A consommer avec modération. Les bienfaits du poisson pour l’organisme ne sont plus à démontrer. Mais les produits de la mer n’ont pas que du bon. Ils sont aussi chargés en divers polluants, dont le mercure. En consommer trop est associé à un risque accru de maladie de Charcot. C’est ce que montre une étude qui sera présentée au prochain Congrès de l’Académie américaine de neurologie, qui se tient à Boston (Etats-Unis), du 22 au 28 avril.

Un soupçon de longue date

Les chercheurs ont réalisé une enquête auprès de 518 personnes, dont 294 étaient atteintes de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Les questionnaires incluaient un relevé détaillé de la consommation de poissons et de fruits de mers, faisant mention des différentes espèces consommées.

La distinction est importante car l’espadon et le requin sont deux poissons riches en mercure. A l’inverse, saumon et sardine sont connus pour être moins contaminés par ce métal lourd. Or, les produits de la pêche les plus riches en métaux lourds sont associés à un risque accru de développer la maladie de Charcot. Le mercure était déjà soupçonné d’être un facteur de risque.

Une personne sur 20 000

La maladie de Charcot est une maladie neurodégénérative rare, qui touche une personne sur 20 000. Elle se manifeste par la perte de contrôle progressive des muscles, en raison d’une atteinte des neurones moteurs. A terme, les patients perdent jusqu’à leur capacité respiratoire et sont paralysés car ils ne peuvent plus solliciter les muscles responsables de la parole ou même de manger seuls. Les premiers symptômes sont des mouvements involontaires des muscles et des faiblesses dans les membres. Il n’existe actuellement aucun traitement contre cette affection, qui survient vers 60 ans en moyenne.

 

Source d’exposition principale

Les volontaires ont été divisés en quatre groupes, selon leur niveau de consommation. Le quart le plus contaminé par le mercure, sur une base annuelle, est deux fois plus à risque de développer une SLA que le quart avec les plus faibles taux. Un résultat confirmé par l’analyse du taux de métaux lourds dans les ongles de pied des participants. Ainsi, les chercheurs ont recensé 61 % de personnes souffrant de SLA dans le quart le plus élevé, contre 44 % chez celles moins exposés au mercure. Mais rappelons-le, cette maladie reste rare.

« Pour la plupart des gens, consommer du poisson se fait dans le cadre d’un régime sain, reconnaît Elijah Stommel, co-auteur de l’étude. Mais des questions persistent sur l’impact possible du mercure présent dans les poissons. » Cette étude pourra toutefois rassurer les consommateurs de fruits de mer et autres produits de la pêche : en restant dans le cadre des recommandations officielles, aucun lien avec la maladie de Charcot n’émerge. Mais dans la mesure où ces aliments restent la principale source d’exposition en France, la prudence est de mise.

Saisie à ce sujet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a tranché. La consommation de poissons est conseillée deux fois par semaine et l’Anses insiste sur le bien fondé d’une diversification des espèces utilisées. Pour les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants de moins de 30 mois, certains types doivent être évités.


Source : Anses

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