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Immunité : quand le corps se retourne contre lui-même

Le système immunitaire nous protège des agressions extérieures. Mais parfois, il provoque lui-même des pathologies, dites auto-immunes.

Immunité : quand le corps se retourne contre lui-même Andreus/Epictura

  • Publié 28.01.2017 à 07h50
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  Dossier réalisé en partenariat
avec 
Science&Santé le magazine de l'

 

Pour lutter contre les agressions extérieures (agents pathogènes, corps étrangers, blessures…), l’organisme dispose d’une armée de choix : le système immunitaire. Normalement, il ne s’attaque qu’à ce qui est étranger à l’organisme. Mais il lui arrive de s’en prendre à ce dernier, ce qui provoque des maladies dites auto-immunes car l’immunité se retourne contre ce que l’on nomme « le soi ». Au niveau des mécanismes, ces troubles sont donc intimement liés au fonctionnement « normal » du système immunitaire.

Une première ligne rapide

Celui-ci comprend deux systèmes de défense qui fonctionnent de manière décalée, mais en étroite collaboration. Quand un microorganisme étranger pénètre dans l’organisme, la première ligne de défense est le système immunitaire inné. Il est sollicité rapidement, mais non spécifique de l’ennemi et dépourvu de mémoire. Il implique plusieurs types de cellules et de protéines qui engendrent une cascade de réactions. Les cellules « sentinelles » — les macrophages, les cellules dendritiques et les granulocytes — ingèrent les microorganismes. En outre, des anticorps naturels, présents avant l’arrivée de l’intrus, se lient à lui pour former les complexes immuns antigène – anticorps –, ce qui le neutralise.

En parallèle, peut intervenir le complément, un système d’une trentaine de protéines qui s’activent en cascade, se lient à l’agresseur, le neutralisent ou alertent des cellules pour assurer la défense de l’organisme. Enfin, les cytokines, des médiateurs chimiques, permettent la communication entre toutes les cellules du système immunitaire.

Plus lent, mais spécifique

Une fois que le système immunitaire inné a repéré et éliminé en partie l’intrus, il alerte la seconde ligne de défense, le système immunitaire adaptatif. Celui-ci est plus lent à se mettre en place, mais il est spécifique de l’antigène et se souvient de lui éternellement. Interviennent alors d’autres cellules : les lymphocytes. La lignée des lymphocytes T va se transformer en cellules tueuses, capables de se fixer sur les cellules infectées par un virus, par exemple.

Les lymphocytes B vont, quant à eux, se différencier en plasmocytes qui libèrent des anticorps dirigés contre les agresseurs qui ne pénètrent pas dans les cellules, comme le bacille responsable du tétanos. Dans les deux cas, les lymphocytes sont spécifiques d’un seul antigène. En outre, lors de leur activation, une partie se métamorphose en cellules « armées », l’autre en cellules mémoires. Si l’intrus se présente à nouveau dans l’organisme, ces lymphocytes interviendront plus vite. C’est le principe de la vaccination.

Calmer sans museler

Il s’avère que dans les maladies auto-immunes, le système immunitaire dirige ses armes létales contre des constituants du soi qui deviennent, à tort, des antigènes cibles. La multiplicité des cibles et des attaques en fait des pathologies très hétérogènes. Cependant, il est usuel de les classer en deux groupes selon que les lésions touchent un seul organe ou tissu (maladies auto-immunes spécifiques d’organe), ou qu’elles affectent n’importe quelle région du corps, parfois plusieurs et souvent de manière simultanée (maladies auto-immunes systémiques). L’enjeu pour les chercheurs est donc de trouver des traitements qui calment le système immunitaire sans le museler.

Françoise Dupuy Maury

Science&Santé, le magazine de l'Inserm

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