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Aux Etats-Unis

Cancer du col de l’utérus : la mortalité largement sous-estimée

Une étude révise à la hausse les taux de décès du cancer du col de l'utérus aux Etats-Unis et relève une forte disparité entre les femmes noires et blanches.

Cancer du col de l’utérus : la mortalité largement sous-estimée imagepointfr/epictura

  • Publié 24.01.2017 à 17h45
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Aux Etats-Unis, la mortalité liée au cancer du col de l’utérus a été largement sous-estimée. C’est en tout cas ce qu’estiment des chercheurs américains qui publient une étude dans la revue Cancer et revoient à la hausse les taux de décès du cancer du col de l'utérus dans le pays.

Celui-ci serait ainsi bien plus élevé que ce qui était estimé jusqu'alors, selon ces travaux qui mettent également en évidence une disparité importante entre les femmes noires et blanches.

Un calcul plus réaliste

Les Noires ont un taux de décès 77 % plus élevé qu'estimé pour ce cancer, tandis que les Blanches succombent à cette maladie à un taux 47 % plus élevé. Les données précédentes sous-estimaient de 44 % la disparité dans la mortalité entre les femmes noires et blanches, selon les calculs de ces chercheurs.

Ces nouvelles statistiques reflètent un changement dans la méthode de calcul de la mortalité, qui exclut dorénavant les femmes ayant subi une hystérectomie. Cette intervention qui consiste à retirer l'utérus annule le risque de cancer de cet organe. Selon ces chercheurs, cette nouvelle approche statistique dépeint une image plus proche de la réalité et permettrait de mieux comprendre l'impact de ce cancer qui provoque 12 000 cas dont 4 000 mortels chaque année dans le pays.

Dépister les femmes âgées

L’étude montre par ailleurs une plus forte mortalité chez les femmes âgées de 65 ans, qui semble s'expliquer par le fait que les recommandations de dépistage régulier s'arrêtent à 65 ans. Ces statistiques suggèrent que le risque subsiste et s'accroît même chez les femmes âgées.

Le cancer du col de l'utérus peut-être évité avec un dépistage régulier à partir de 21 ans, soulignent les auteurs de cette étude. « Ce cancer peut-être évité et toutes les femmes devraient être testées », soulignent les auteurs, qui appellent à un dépistage généralisé.

« Ces statistiques nous indiquent que tant qu'une femme a son utérus, elle doit continuer à faire le dépistage recommandé car le risque de développer le cancer du col utérin et d'en décéder demeure élevé bien au-delà de 65 ans ».

Des facteurs encore inexpliqués

Les raisons expliquant le taux disproportionné de femmes noires touchées par le cancer du col utérin et qui en meurent ne sont pas très claires, notent les chercheurs. De précédentes études laissent penser que les Noires sont diagnostiquées plus tardivement que les Blanches, et ont apparemment des traitements différents.

Ainsi, les Noires ont 50 % moins de probabilités de subir une intervention chirurgicale pour extraire la tumeur et 50 % plus de chances de recevoir de la radiothérapie par rapport à des Blanches au même stade de la maladie et avec la même couverture médicale.

En France, le dépistage du cancer du col de l'utérus par frottis sera organisé à l'échelle nationale d'ici 2018 afin d'améliorer la prévention de ce cancer évitable s'il est dépisté tôt. Ce dépistage organisé permettra notamment de cibler les 40 % des femmes qui n’ont pas réalisé l’examen dans les 3 ans. Le frottis de dépistage est recommandé tous les 3 ans entre 25 et 65 ans ; il cible 17 millions de femmes dans l'Hexagone. 

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