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QUESTION D'ACTU

9ème victime

Grippe : une adolescente de 13 ans décède en Ardèche

ENTRETIEN. L'épidémie de grippe saisonnière est installée dans toute la France. Le virus actuellement en circulation, H3N2, touche essentiellement les plus fragiles. 

Grippe : une adolescente de 13 ans décède en Ardèche pxhidalgo/epictura

  • Publié 02.01.2017 à 18h40
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La grippe a fait une 9ème victime. Une jeune fille de 13 ans est décédée des suites de l’infection dans la nuit du Nouvel An, rapporte le Dauphiné Libéré. Les pompiers et médecins du Samu n’ont pas réussi à la réanimer. Un nouveau décès qui rappelle que la grippe est loin d’être une infection anodine. Et alors que l’épidémie n’a pas encore atteint son pic, le Pr Bruno Lina, responsable du Centre national de référence de la grippe à Lyon (Rhône) prévient que le nombre de cas graves pourrait augmenter car le virus se propage très rapidement.

La grippe 2016/2017 est-elle une épidémie particulière ?
Pr Bruno Lina :
L’épidémie de cette année est précoce. Elle a démarré en décembre alors qu’en général, les épidémies de grippe commencent en janvier, parfois même en février. Mais ce n’est pas exceptionnel. Lorsque l’on fait l’inventaire des 30 dernières épidémies de grippe, 4 ou 5 ont démarré avant Noël. Du fait de sa précocité, on estime qu’elle se terminera plus tôt que les années précédentes. Puisque l’épidémie est installée depuis 2 semaines, on peut anticiper que le pic sera atteint dans 2 semaines. Et une fois qu’il sera atteint, on saura avec plus de précision comment l’épidémie se déroulera.

On observe toutefois une certaine disparité géographique. En région Rhône-Alpes par exemple, la diffusion du virus a été très rapide par rapport aux autres régions. On a l’impression que cette épidémie n’a pas pris la même ampleur partout en France. Ainsi dans les prochains jours, soit l’épidémie garde cette dynamique et commence à décroître, soit un phénomène de résurgence va se mettre en place notamment à partir des régions peu touchées parce que les enfants, les principaux vecteurs du virus, vont retourner à l’école.

Le virus actuellement en circulation est-il plus virulent qu’un autre ?
Pr Bruno Lina : Alors pour commencer il faut souligner que le virus qui circule actuellement, le virus H3N2, est le même que celui qui se trouve dans le vaccin. La formulation de ce dernier était donc bonne. Ce virus n’est pas plus virulent qu’un autre. Il ne donne pas plus de formes graves, d’atteintes pulmonaires ou n’entraine pas plus de décès que les autres virus.

En revanche, on sait que ce virus touche essentiellement les personnes âgées et les très jeunes enfants. Ainsi, il n’est pas surprenant d’observer une infection particulièrement fréquente chez les personnes âgées. Il est aussi normal d’observer une mortalité accrue avec ce virus puisqu’il touche les personnes les plus fragiles. On sait qu’en EPHAD, 10 % des patients infectés par ce virus décèderont.

Est-il encore temps de se faire vacciner ?
Pr Bruno Lina :
Une fois que l’épidémie a commencé, ce n’est plus le moment de se faire vacciner. C’est trop tard, il faut le faire avant. Bien sûr, ceux qui ont un vaccin dans leur frigo peuvent encore se faire vacciner, mais il faut bien qu’ils comprennent qu’ils ont perdu du temps et des chances d’être protégés par le vaccin, car il faut entre 15 jours et 3 semaines pour être protégés. Ainsi, pendant cette période ils seront vaccinés mais non protégés.

Il faut toutefois rappeler que pendant la période épidémique on n’est pas démunis. On peut lutter contre la diffusion du virus avec les mesures d’hygiène, éviter les formes graves et les décès grâce aux antiviraux, ou mettre en place les mesures barrières pour bloquer la dissémination du virus.

La mise en quarantaine des maisons de retraite est-elle une solution efficace ?
Pr Bruno Lina : 
Avec la mise en quarantaine, on prend en compte la dangerosité de la grippe. Mourir de la grippe n’est pas exceptionnel. Entre 4 000 et 6 000 personnes en meurent chaque année. Or, ces décès ne sont pas une fatalité. Mais pour lutter contre la grippe, il faut le faire correctement. Et mettre en quarantaine une maison de retraite alors que trois-quarts des résidents sont infectés, cela n’a pas d’intérêt. Il faut le faire quand moins de 10 % des personnes sont malades pour casser l’épidémie. Si vous avez plus de 60 % de patients d’un EPHAD qui sont infectés, c’est que quelque part les mesures d’hygiène ont failli.

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