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Prématurité

Peau-à-peau : des bénéfices jusqu'à 20 ans après la naissance

A l'âge adulte, les enfants ayant bénéficié du peau à peau seraient moins agressifs, impulsifs, hyperactifs et stressés que les prématurés n'ayant reçu que les soins standard.

Peau-à-peau : des bénéfices jusqu'à 20 ans après la naissance Fundación Canguro. A premature infant is receiving skin-to-skin Kangaroo Mother Care contact at Gabriel Touré hospital in Bamako, Mali.

  • Publié 12.12.2016 à 07h30
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Chaque année dans le monde, 15 millions d’enfants naissent avant terme. Des accouchements prématurés et inattendus qui s’accompagnent souvent d’une séparation tout aussi brutale et difficile pour la mère. Une rupture faite dans l’urgence qui menace la construction du lien d’attachement entre la mère et l’enfant. Pour le restaurer, le peau-à-peau, aussi appelé méthode kangourou, se présente comme une solution efficace et de plus en plus utilisée à travers le monde. Un contact essentiel dans les premières heures de vies qui apporterait encore des bénéfices 20 ans plus tard aux enfants, suggère une étude parue dans Pediatrics.

Cette méthode qui consiste à porter le nouveau-né sur le torse de la mère, ou du père, a été présentée pour la première fois dans une maternité de Bogota (Colombie). Alors que le service fait face à un manque de couveuses, les prématurés qui ne peuvent pas encore réguler leur température se retrouvent en danger. Des pédiatres imaginent alors une solution toute simple : blottir les enfants contre leur mère pour qu’elles les réchauffent. Une solution de remplacement aux couveuses qui s’avère aussi efficace pour favoriser l’allaitement et protéger l’enfant contre des infections évitables.


Des bénéfices à long-terme

Et à en croire une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’organisation gouvernementale canadienne « Grands défis » et la Fondation Kangourou créée en Colombie, les bénéfices du peau à peau vont bien au-delà. « Notre étude indique que la méthode Kangourou a un impact social significatif et durable ainsi que des effets positifs sur le comportement 20 ans après l’intervention », indique le Dr Natalie Charpak, pédiatre française installée à Bogota depuis 30 ans et membre de la Fondation Kangourou qui a dirigé ces travaux. Ces derniers ont été réalisés auprès de 264 enfants nés entre 1993 et 1996.

Les enfants qui ont bénéficié de cette méthode ont, en effet, deux fois plus de chances d’atteindre leur 20ème anniversaire que ceux qui ont seulement reçu les soins standard. Et à l’âge adulte, ils semblent moins agressifs, impulsifs, hyperactifs ou stressés que leurs camarades. Ces jeunes adultes présenteraient également un volume cérébral plus important que les autres, signe d’un bon développement du cerveau.

Il apparaît aussi que ces enfants étaient deux fois moins absents à l’école que les autres enfants, et qu’à l’âge adulte il gagnait près de 50 % de plus que les enfants prématurés n’ayant pas bénéficié du peau à peau. Cette méthode semble également avoir un impact positif sur les parents. Les couples ayant pratique le peau à peau sont moins susceptibles de se séparer et apparaissent plus dévoués à leur enfant que les autres parents.


Une méthode pour tous les enfants

Le Dr Charpak souligne qu’aujourd’hui la technologies et les avancées médicales sont de plus en plus accessibles à travers le monde ce qui permet d’offrir à un très grand nombre d’enfants prématurés et de petits poids à la naissance un avenir sans séquelles. « C’est pour cette raison que détecter les conséquences ‘mineures‘ devient important. Ces répercussions, telles que les déficits cognitifs, l’absence de coordination, les troubles auditifs ou visuels, et les problèmes d’attention sont souvent sous-diagnostiqués et ont pourtant un impact profond sur les familles ».

Des conséquences qui pourraient être limités par la méthode kangourou, estime-t-elle. « Nous croyons fermement que cette intervention scientifiquement valable est puissante et efficace, et qu’elle peut être utilisée à la fois par ceux qui ont accès limité à la santé mais aussi ceux qui ont un accès illimité », conclut la pédiatre.

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