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Régime paléolithique : des fouilles révèlent ce qu'il était vraiment

Plus de 9 000 fossiles de plantes comestibles ont été exhumés en Israël. Une découverte majeure qui suggère que le régime paléolithique était plus varié qu’on ne le pensait.

Régime paléolithique : des fouilles révèlent ce qu'il était vraiment israeltourism/Flickr

  • Publié 06.12.2016 à 19h00
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Ce pépin de raisin fossilisé livre de nombreux indices sur le régime paléolithique. Dans la vallée du Jourdain, en Israël, une véritable mine de renseignements a été découverte. Plus de 9 000 restes de plantes comestibles ont été exhumés par une équipe de l’université hébraïque de Jérusalem. Ils ont été consommés par des hommes de l’Âge de Pierre, expliquent les chercheurs dans la revue de l’Académie américaine des sciences, PNAS. Leur analyse livre des détails précieux sur l’alimentation de nos ancêtres.

10 espèces disparues

Les adeptes du paleo diet semblent avoir visé juste : outre les animaux chassés et les poissons pêchés, les hommes du paléolithique s’en remettaient à la flore disponible. Et leur régime était plutôt varié, à en juger par cette dernière étude. Pas moins de 55 espèces différentes de plantes comestibles ont été mises à jour. Elles vont du tubercule à la feuille en passant par les traditionnels fruits et noix. « Nous avons eu l’occasion de découvrir un grand nombre de restes de fruits, de noix et de graines dans les arbres, les arbustes et le lac, aux côtés de restes d’animaux et d’outils façonnés par l’homme », détaille le Pr Naama Goren-Inbar, dernier auteur de la publication.

Certaines des plantes consommées alors ont disparu de la surface de la terre : 10 espèces n’ont existé qu’à l’ère préhistorique, dont certaines noix d’eau. Pour le reste, le feu a été un outil de cuisson privilégié. Les traces de combustion retrouvées sur le site de Gesher Benot Ya’aqov ne doivent rien au hasard. « L’usage du feu, pour griller des noix ou des racines par exemple, permet d’utiliser les différentes parties de la plante », raconte le Pr Goren-Inbar. Et d’évacuer les parties non comestibles.

Jusqu’à 32 espèces par saison

La configuration des lieux n’est pas étrangère à cette découverte exceptionnelle. Car les restes alimentaires sont très rares en dehors des squelettes animaux. Mais le site de fouilles a été submergé successivement par le Jourdain, qui irrigue la région, et le lac de la Houla. L’oxygène rare et les couches de sédiments ont aidé à conserver ces traces de vie antérieure.

Ces conditions ont également permis de distinguer les variations saisonnières de l’alimentation. C’est au cours de l’été et du printemps que la plus large variété de plantes est disponible, avec 32 espèces différentes. Même en dehors de ces périodes, les ressources végétales étaient « étonnamment nombreuses », selon l’aveu-même des chercheurs. Les noix et fruits se concentraient plutôt sur les saisons chaudes tandis que les temps froids s’accompagnaient de davantage de légumes verts.

S’y ajoutaient probablement des protéines animales venues du lac – amphibiens, poissons et autres invertébrés – ou des terres – éléphants ou cerfs. De quoi faciliter le passage de l’Afrique vers l’Asie. Car Gesher Benot Ya’aqov se situe sur le couloir levantin, lieu privilégié de migration des premiers hommes.

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L’agriculture a commencé en Syrie

Longtemps, l’homme s’est contenté des plantes qui l’entouraient. Un portrait inimaginable pour l’homme moderne, qui vit de l’agriculture. C’est au Néolithique qu’une révolution s’est produite, près de la ville de Soueïda (Syrie) : la domestication des céréales. Des chercheurs espagnols ont découvert la probable origine de ce phénomène sur le site de Tell Qarassa. Ils rapportent leur découverte dans PNAS. Il y a 11 000 ans, la communauté a commencé à domestiquer la flore. C’était le début de l’agriculture.

« Le processus a commencé quand les communautés de chasseurs-cueilleurs ont commencé à récolter des céréales, ce qui les a mené à transformer ces céréales sauvages en les ensemençant, et à les récolter à l’aide de faucilles », relate Juan José Ibáñez qui signe l’étude. Les semences étaient réalisées à l’automne, la récolte organisée en février-mars. 3 espèces différentes ont alors été domestiquées : une d’orge et deux de blé – dont l’épeautre. Ce sont les traces les plus anciennes jamais découvertes. Reste maintenant à savoir si les graines semées au sud de la Syrie ont provoqué une tempête d’innovation dans le reste du Moyen-Orient.

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