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QUESTION D'ACTU

Six millions ont plus de 50 ans

SIDA : des patients plus fragiles avec l'âge

Les patients séropositifs vieillissent. Près d’un sur cinq a plus de 50 ans. La prise en charge doit être repensée face à l’infection devenue chronique.

SIDA : des patients plus fragiles avec l'âge DenisNata/epictura

  • Publié 01.12.2016 à 07h29
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L’espérance de vie s’allonge pour les séropositifs. Près de 6 millions ont dépassé l’âge symbolique des 50 ans. L’Onusida s’en félicite dans son rapport publié à la veille de la Journée mondiale contre le sida, ce 1er décembre. Jamais autant de patients n’ont dépassé la cinquantaine. Le mérite revient en grande partie à l’efficacité des traitements antirétroviraux. Mais comme tous les seniors, les personnes infectées par le VIH développent d’autres maladies chroniques. Une situation qui complique quelque peu le tableau.

Plus de problèmes cardiovasculaires

Les séropositifs seniors représentent 17 % de la population adulte contaminée dans le monde. Si les objectifs de traitement sont atteints, cette part devrait encore progresser. Car l’infection à VIH est devenue chronique et bien maîtrisée. « On voit de plus en plus de patients âgés avec 20 ou 30 ans de séropositivité », confirme le Dr Gilles Lazimi, généraliste au centre de santé de Romainville (Seine-Saint-Denis). Mais l’infection ne disparaît pas pour autant. Les antirétroviraux ne parviennent pas à éradiquer les réservoirs viraux, dans les organes notamment.

Cette particularité fait des séropositifs des malades chroniques à part. « Ils restent des patients à surveiller plus que les autres : ils présentent plus de complications cardiovasculaires », souligne le Dr Lazimi. De fait, ce public est cinq fois plus exposé aux pathologies liées à l’âge.
Chez les hétérosexuels séropositifs nés en France, par exemple, les cancers non infectieux sont la première cause de mortalité. Cette population est aussi plus sensible aux effets secondaires des antirétroviraux.

Ecoutez...
Pr Gilles Pialou, infectiologue à l’hôpital Tenon (Paris) : « On a le recul de la tolérance à court et moyen terme. Mais on n’a pas le recul de 20 ans d’AZT. Les nouvelles molécules ont un message réconfortant, mais on reste vigilants. »


Un problème supplémentaire se pose : celui des interactions entre les différentes molécules. Car bon nombre de seniors sont polymédiqués… et les séropositifs ne font pas exception.

Des soins qui se diversifient

En réalité, l’infection par le VIH est synonyme de double peine après 50 ans. Aux maladies habituellement liées à l’âge se doublent des complications spécifiques au virus. « Clairement, le virus a un impact de vieillissement accéléré sur le système immunitaire, le système nerveux central. On retrouve des maladies des petits vaisseaux, un métabolisme perturbé des sucres, des lipides… », liste Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon (Paris). A âge civil égal, les séropositifs continuent de vieillir plus rapidement qu’un patient en bonne santé. La société ne s’y était pas préparée.

Ecoutez...
Alain Bonnineau, vice-président de AIDES : « Il n’était pas programmé que ces personnes vivent si longtemps. Aucun dispositif n’a pris en compte l’arrivée de ces personnes. »


Mais ce suivi des facteurs de risque est mal assuré, à en croire le dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire. Les comorbidités sont fréquentes, notamment celles qui touchent le système cardiovasculaire. Les patients sont donc appelés à consulter un nombre croissant de professionnels de santé. « Au départ, on ne connaît que les virologues. Mais quand on vieillit, on est amené à rencontrer d’autres acteurs, qui doivent être prêts », affirme Alain Bonnineau, vice-président de l’association AIDES et séropositif depuis 30 ans.

Nombre de professionnels de santé semblent pourtant démunis face à ces spécificités. Un testing réalisé par l’association en juin 2015 a ainsi révélé de fréquents refus de soins de la part des dentistes. Des refus infondés. Comme l’a récemment rappelé une campagne d’affichage, la plupart des personnes vivent avec le VIH sans risque de transmission. Les idées reçues persistent malheureusement dans de nombreux domaines.

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