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Système immunitaire

Zika : les femmes sont plus à risque d’infection sexuelle

La transmission sexuelle du virus Zika est une découverte récente. Les femmes y sont plus exposées. La réponse immunitaire du vagin est trop faible.

Zika : les femmes sont plus à risque d’infection sexuelle frankieleon/Flickr

  • Publié 17.11.2016 à 17h39
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Zika, un virus sexuellement transmissible. C’est l’un des principaux enseignements de l’épidémie qui s'est répandue l’Amérique latine depuis le début de l’année 2015. Le continent sud-américain connaît en ce moment une accalmie. Dans les départements d’Outre-mer, la fin de la phase épidémique a été déclarée. La recherche, elle, se poursuit. Les Instituts Gladstone (Etats-Unis) publient dans le Journal of Experimental Medicine une étude qui explique pourquoi les femmes sont plus à risque d'être infectée par voie sexuelle.

Une réponse en deux temps

La vulnérabilité féminine repose sur le système immunitaire à l’œuvre dans le vagin. Ces travaux, menés sur des souris, montrent que la réponse primaire ne se produit pas correctement dans l’appareil génital. En temps normal, les cellules infectées libèrent des interférons qui organisent la première ligne de défense. Ils combattent le virus et alertent les cellules voisines. Ce mécanisme déclenche, dans un second temps, la réaction systémique.

C’est bien ce qui se produit dans le premier groupe, qui a été infecté par Zika d’une manière similaire à celle d'une piqûre de moustique. Trois jours après l’injection, le virus commence à être éliminé de l’organisme et les interférons grimpent en flèche. Les souris exposées par voie vaginale, en revanche, ont une réaction bien moins agressive.

Lorsque Zika est introduit par le vagin, la virémie atteint rapidement un pic. Les interférons, eux, ne se manifestent pas. « Le fait qu’ils ne soient presque pas présents dans le vagin est alarmant, souligne Shahzada Khan. Sans interférons, le reste du système immunitaire ne peut pas être déclenché efficacement, ce qui rend l’organisme très vulnérable face aux infections virales. »

Une réaction tardive

Ce n’est que quand le virus s’attaque aux tissus lymphatiques que le système immunitaire s’active et peut le contrôler. Il faut donc une semaine à l’organisme pour organiser ses défenses. Cela explique en partie pourquoi les femmes ont davantage été touchées lors de l’épidémie en Amérique du sud. A Porto-Rico, 62 % des cas confirmés en laboratoire concernent des femmes. « Il est possible que la transmission sexuelle d’homme à femme soit un facteur contributif », selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Ce retard peut être lourd de conséquences dans le cadre d’une grossesse. « Il donne au virus plus de temps pour s’étendre au fœtus si la femme est enceinte ou le devient au cours de l’infection », explique Shomyseh Sanjabi. L’exposition favorise le développement de malformations fœtales, dont la microcéphalie.

L’infection est aussi prolongée pour la femme : même évacué du reste de l’organisme, Zika persiste dans le vagin à l’état de traces. Une solution existe tout de même. Les chercheurs ont provoqué une réaction inflammatoire à l’aide d’un microbicide, ce qui a provoqué la libération d’interférons. Les souris qui ont fait ce test ont alors pu se débarrasser du virus. Ce phénomène s’explique par une caractéristique du Zika : il s’agit d’un virus à ARN. Car le mécanisme ne lui est pas spécifique. Il s’observe aussi dans d’autres infections, comme Ebola, l’hépatite C mais aussi le VIH.

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