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QUESTION D'ACTU

Découverte d'un marqueur prédictif

Diabète : 9 000 personnes amputées par an en France

Une particule d'ADN confère au staphylocoque doré la propriété intéressante de ne pas surinfecter les plaies. Une piste pour réduire le nombre d' amputations en France.

Diabète : 9 000 personnes amputées par an en France Cheetah123/epictura

  • Publié 14.11.2016 à 12h32
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En France, 3,5 millions de personnes sont traitées pour un diabète. Cette maladie les expose à de nombreuses complications : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, ou encore amputation d’un membre inférieur. Et ces dernières ne sont pas rares. A l’occasion de la Journée mondiale du diabète organisée ce lundi, on apprend par l’Assurance Maladie qu'un diabétique sur dix est concerné par une plaie chronique des membres inférieurs. On dénombre ainsi, chaque année, 9 000 personnes diabétiques amputées (1)

Ces amputations pourraient pour la plupart être évitées grâce à un soin et une surveillance particulière apportés aux pieds (2). Mais pour agir encore mieux en prévention, des chercheurs de l'Inserm ont publié des travaux inédits dans The Journal of Infectious diseases (3).

Des pieds colonisés par les staphylocoques

Hôte habituel de notre organisme, le staphylocoque doré (S. aureus) peut tout aussi bien être inoffensif que pathogène, sans que l'on sache exactement ce qui favorise le passage d'un état à l'autre. Deux équipes de scientifiques français (4) ont donc collaboré pour résoudre cette énigme, en s'intéressant spécifiquement aux ulcères de pied diabétique. Ces plaies fréquentes sont en effet souvent colonisées par S. aureus. Mais alors que certaines restent saines, d'autres se compliquent à la suite de l'invasion des cellules des tissus profonds, notamment osseux, par la bactérie.

Et c'est là que les chercheurs ont fait une découverte, en montrant que cette différence était liée à la présence d'un prophage dénommé « ROSA-like ». Ainsi, lorsque ce dernier infecte S. aureus, il maintient le microorganisme dans un état inoffensif. Si la bactérie en est exempte, elle peut alors devenir invasive.
Dans un communiqué de l'Institut, Jean-Philippe Rasigade, auteur principal de cette étude, confie : « Il y a toutes les raisons de croire que ce mécanisme est identique quelle que soit la nature et la localisation de la plaie. S'il est confirmé que ce prophage est absent de toutes les souches de S. aureus invasives, il constituerait à la fois un marqueur prédictif du risque d'infection », espère-t-il.

Vers un test prédictif très simple 

Pour parvenir à cette conclusion,  son équipe a développé un modèle expérimental dans lequel la souche CC5/8 pouvait  expulser le prophage. « Dès lors, la lignée est devenue pathogène in vitro sur des cellules de tissu osseux ». Et si la capacité d'expulsion du prophage n'existe pas dans la nature, elle a toutefois permis de prouver la corrélation entre la présence du prophage et l'invasivité de la bactérie, ainsi que son pouvoir pathogène. Les deux équipes cherchent maintenant à en détailler les mécanismes biologiques : « Nous avons pu observer d'ores et déjà que le S. aureus porteur du prophage n'est plus capable de capter le fer », précisent-ils.

L'idée d'un outil prédictif commence donc à se dessiner. « La question de traiter ou non la plaie avec un antibiotique, afin de prévenir les complications, se pose souvent. Si nous confirmons ces résultats à travers des études complémentaires, il serait ensuite possible d'imaginer la mise au point d'un test prédictif très simple à réaliser à partir d'un prélèvement local de bactérie », conclut Jean-Philippe Rasigade. Il permettrait, selon lui, d'identifier les diabétiques ayant un risque de complications et de leur prescrire l'antibiotique approprié.

 

(1) Source : rapport Charges et Produits 2017 pages 22 et suivantes.

(2) Source : ibid. pages 75 et suivantes.

(3 "Quand un prophage contrôle la capacité du staphylocoque doré à surinfecter une plaie"

(4) Unité 1111 Inserm/ CNRS/Ecole normale supérieurs/université Claude Bernard Lyon 1, Centre international de recherche en infectiologie, Lyon Inserm  et unité 1047 Inserm/ université de Montpellier, Nîmes.

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