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Chirurgie : les recommandations de l’OMS contre les infections

L’Organisation Mondiale de la Santé émet 29 recommandations pour limiter les risques d’infections en chirurgie et éviter la propagation des superbactéries.

Chirurgie : les recommandations de l’OMS contre les infections

  • Publié 05.11.2016 à 13h41
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Alors que les infections liées aux soins de santé constituent au niveau mondial un fardeau croissant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) émet de nouvelles recommandations. Objectif : mettre fin aux infections en chirurgie et réduire la propagation des bactéries résistantes aux antibiotiques contractées dans les blocs opératoires.

Pour établir ces nouvelles recommandations mondiales pour la prévention des infections sur le site opératoire (Global Guidelines for the Prevention of Surgical Site Infection), 20 des plus éminents experts mondiaux ont été réunis. Ils ont fondé les travaux sur 26 études des données les plus récentes.

11 % des patients opérés infectés

Les infections du site opératoire sont dues à des bactéries qui s’introduisent au cours des incisions faites pendant l’intervention. Chaque année, elles menacent la vie de millions de patients et contribuent à la propagation des résistances aux antibiotiques. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 11 % des patients opérés sont infectés au cours de l’intervention. En Afrique, jusqu’à 20 % des femmes ayant une césarienne contractent une infection de la plaie, ce qui compromet leur santé et leur capacité de s’occuper de leurs enfants.

Mais le problème des infections du site opératoire n’est pas réservé aux pays pauvres, rappelle l’OMS. Aux États-Unis, elles contribuent à plus de 400 000 journées supplémentaires d’hospitalisation, augmentant les dépenses totales de 900 millions de dollars par an.

Hygiène, antibiotiques...

On trouve dans ces recommandations, 13 règles à appliquer avant l’intervention et 16 pendant et après l’acte chirurgical pour la prévention des infections. Elles vont de simples précautions, comme s’assurer que les patients se baignent ou prennent une douche avant l’opération ou décrire le meilleur moyen de se laver les mains pour les équipes chirurgicales, à des orientations sur les antibiotiques à utiliser en prévention, les désinfectants à employer avant les incisions et les sutures à faire.

Point important, ces recommandations incitent à n’utiliser les antibiotiques pour la prévention des infections qu’avant et pendant l’opération seulement, une mesure cruciale pour arrêter la propagation de la résistance aux antibiotiques. Il ne faut pas les utiliser après les interventions, comme c’est souvent le cas.

Un "kit pratique"

« Tôt ou tard, nombre d’entre nous devrons nous faire opérer mais personne ne souhaite contracter une infection sur le billard », a déclaré le Dr Ed Kelley, directeur à l’OMS du Département Prestation de services et sécurité, cité dans un communiqué. En appliquant ces nouvelles recommandations, les équipes chirurgicales peuvent réduire les effets néfastes, améliorer la qualité de vie des patients et faire leur part pour arrêter la propagation des résistances aux antibiotiques. Nous recommandons aussi aux patients se préparant pour une opération de demander à leur chirurgien s’il applique les conseils de l’OMS. »

Il n’y avait jusqu’à présent aucune recommandation internationale, fondée sur des bases factuelles, et il y a des incohérences dans l’interprétation des faits et des recommandations dans les directives nationales existantes.

Les nouvelles recommandations de l’OMS sont valables pour tous les pays, peuvent être adaptées aux conditions locales et prennent en compte la validité des données scientifiques disponibles, les conséquences en termes de coût et de ressources, ainsi que les valeurs et les préférences des patients.

Une étude pilote dans quatre pays africains a mis en évidence que l’application d’une sélection des nouvelles recommandations pouvait entraîner une baisse de 39 % du nombre des infections du site opératoire. S’appuyant sur ces exemples de réussites, l’OMS prépare un guide et un kit pratique qui aideront les autorités nationales et locales à appliquer les recommandations.

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