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QUESTION D'ACTU

Neurosciences

Rechercher le plaisir dans l'activité physique

Une équipe de recherche de l’Inserm a observé chez la souris des mécanismes biologiques qui relient l’activité physique au plaisir et à la motivation. Un résultat qui illustre le fait que le plaisir est essentiel dans l’observance d’un sport.

Rechercher le plaisir dans l\'activité physique Features/REX/SIPA

  • Publié 05.01.2013 à 08h13
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Pour beaucoup, l’année 2013 débute avec son lot de bonnes résolutions et notamment, celle de se mettre ou de se remettre au sport. Une équipe de recherche de l’Inserm s’est justement employée à étudier la motivation au cours de l’activité physique. L’équipe de l’unité mixte Inserm 862 -Université Bordeaux Ségalen 2 vient de publier ses résultats dans la revue Biological Psychiatry obtenus après des études chez la souris.
S’il était connu que le sport est source de plaisir, les chercheurs ont pu observer d’un point de vue biologique le mécanisme et la région du cerveau dans laquelle cela se passe. Les neurones de cette sphère cérébrale reliée au plaisir possèdent des récepteurs (dits récepteurs CB1) sur lesquels se fixent des molécules (les cannabinoïdes), notamment lorsque l’on ressent du plaisir. Francis Chaouloff, directeur de recherche Inserm à Bordeaux, a alors eu l’idée de bloquer des récepteurs CB1 dans cette région cérébrale. Résultat : les souris sont 30% moins portées sur le fait de courir dans leur roue d’exercice. L’activité physique rejoint la liste des récompenses naturelles régulées par ce système biologique, le système endocannabinoïde.


Ecoutez Francis Chaouloff, directeur de recherche Inserm : « Au sein d’un des principaux centres de la motivation et du plaisir, si l’on empêche le récepteur CB1 de fonctionner, la conséquence est que l’on court moins. »

 

Ici, il n’est pas question de capacité mais bien de motivation : les souris ont moins envie de courir, car cela leur procure moins de plaisir. Car, le plaisir est bien en lien avec la motivation. C’est précisément sur ce point qu’insiste le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre et auteur du livre Changer… en mieux (1). « Les bonnes résolutions physiques sont des formes modernes de masochisme. On a tous l’impression que lorsque le sport est pénible, c’est que l’on est sur la bonne voie », explique-t-il. Or, c’est la satisfaction qu’il faut rechercher.


Ecoutez le Pr Michel Lejoyeux
, addictologue à l’hôpital Bichat : « Les résolutions qui se tiennent sont des résolution tenables, qui sont en phase avec ce qui nous fait plaisir et ce que nous aimons. »

 

Un élément qui a son importance est de savoir pointer les réussites, quitte à le faire très concrètement comme le propose le Pr Lejoyeux, en les consignant dans un carnet. Là encore, comme avec les souris, pas question de capacités puisque si les objectifs sont adaptés, chacun sera capable de les tenir. Par ailleurs, le psychiatre relève que les bonnes résolutions doivent s’inscrire dans une « politique de santé » globale cohérente. Par exemple, reprendre une activité physique devrait également amener à considérer sa consommation de tabac et d’alcool.

En conclusion, lorsque l’on se fixe des objectifs dans le domaine du sport, il faut faire en sorte que ceux-ci soient réalisables. Ainsi, on peut les remplir et s’en satisfaire. Le plaisir alors procuré permet d’entrer dans un cercle vertueux, de ne pas se décourager et… de tenir ses bonnes résolutions pour l’année.

(1) Changer… en mieux, Les dix chemins du changement positif. Editions Le livre de Poche

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