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QUESTION D'ACTU

Pollution, accidents, activité physique…

Transports : la configuration des villes influe sur la santé des habitants

Alors que la population citadine explose, des chercheurs ont mis au point un modèle de ville permettant de limiter les effets délétères des concentrations urbaines.

Transports : la configuration des villes influe sur la santé des habitants Baleydier/SIPA

  • Publié 24.09.2016 à 18h12
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Un corps sain dans une ville saine… Alors qu’à Paris, le débat sur la piétonisation des voies sur berge fait rage, la revue The Lancet publie ce vendredi une série de trois études qui évaluent les gains de santé réalisés dans des villes favorisant la marche et les transports en commun, et limitant le recours aux véhicules individuels. Des travaux publiés à la veille de la Journée sans Voiture à Paris.

Epidémies de maladies non-transmissibles

Des études précédentes ont d’ores et déjà mis en évidence une corrélation entre la configuration des villes et les épidémies croissantes de maladies non-transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers.

Selon les auteurs, l’augmentation de la population citadine dans les années à venir ne fera que favoriser le recours aux véhicules privés, ce qui accentuera les pathologies liées à la pollution aérienne et au manque d’activité physique, ainsi que les accidents de la route.

« Modèle de ville compacte »

Les auteurs ont donc créé un modèle de ville idéale, prenant en compte plusieurs facteurs afin d’évaluer l’impact réel d’une cité saine. « Pour créer des villes qui promeuvent la santé, nous avons besoin de politiques conjointes et de mesures dans différents secteurs : utilisation des terres, transports, logement, développement économique, design urbain, services de santé, sécurité publique », précisent les auteurs.

Pour la série d’articles, les chercheurs ont conçu un « modèle de ville compacte ». Objectif : mesurer l’impact d’une croissance de 30 % de la densité urbaine et d’une réduction de 30 % de la distance moyenne d’accès à un transport en commun. Ils ont également évalué les bénéfices récoltés si 10 % des utilisateurs de véhicules privés utilisaient les transports en commun.

Puis, ils ont appliqué ce modèle à six villes - Melbourne, Londres, Boston, Sao Paulo, Copenhague, et New Delhi – pour constater que tous les indicateurs étaient positifs : augmentation de l’activité physique, chute des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2, réduction de la pollution aérienne.

Un allègement du fardeau des maladies

A Boston, par exemple, le modèle a permis d’obtenir une diminution de 15 % du fardeau lié aux maladies cardiovasculaires, et de 11 % pour le diabète de type 2 (13 % et 7 % pour Londres ; 19 % et 14 % pour Melbourne).

Petit bémol : une hausse de 5 % des accidents de la route, liée à la présence de cyclistes et de piétons sur la même voie, a pu être estimée à Boston, Londres et Melbourne. Toutefois, ce surrisque diminuait si l’espace était organisé de telle manière à séparer les cyclistes des piétons et des voitures.

« L’effet des interventions qui encouragent le vélo et la marche est particulièrement évident dans les villes hautement motorisées, comme Melbourne, Londres et Boston, écrivent les auteurs. Cette étude souligne l’importance de déployer des politiques dans les transports (prix, régulation…) qui encouragent les trajets actifs et découragent l’utilisation des véhicules privés », concluent les auteurs.

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