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QUESTION D'ACTU

Etude sur 10 ans

Euthanasie : forte augmentation des demandes en Belgique

L'euthanasie active a été autorisée en 2002 en Belgique. Depuis, plus de 8 750 personnes y ont eu accès, dont une part importante de patients qui ne sont pas en fin de vie. 

Euthanasie : forte augmentation des demandes en Belgique DepositNovic

  • Publié 16.09.2016 à 13h01
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Autorisée depuis 2002 pour les adultes, et en 2016 pour les enfants, l’euthanasie active n’est pas un sujet tabou en Belgique. Entre 2003 et 2013, 8 752 patients en détresse psychologique et physique ont demandé à mourir, selon les données de la Commission de Contrôle de l'euthanasie. Parmi eux, un nombre croissant des demandeurs ne serait pas des patients en fin de vie, suggère une étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal.

Les chercheurs belges de l’université de Bruxelles se sont penchés sur tous les cas d’euthanasie rapportés au comité national sur dix ans. Cette analyse montre que, chaque année, le nombre de demandes a augmenté. Il est passé de 235 en 2003 à 1 807 en 2013, soit une proportion 8 fois plus importante. Les dernières données des autorités belges ont indiqué qu’en 2015, plus de 2 000 patients ont choisi de mourir par euthanasie.

Selon les dossiers médicaux de ces patients, l’euthanasie concerne surtout les personnes de moins de 80 ans et celles souffrant d’un cancer. Mais en dix ans, les médecins qui accompagnent l'euthanasie ont vu une augmentation des demandes chez les plus de 80 ans, les seniors vivant dans des maisons de retraite, les patients souffrant d’une maladie autre que le cancer ainsi que des personnes qui n’étaient pas en fin de vie.


Pour les malades incurables

En Belgique, pour avoir accès à l’aide à mourir, les patients doivent se trouver dans une situation médicale sans issue et être atteints d’une souffrance psychique ou physique inapaisable. Ainsi, selon la loi belge, le patient n’a pas à souffrir d’une pathologie mortelle, mais celle-ci doit être incurable. La volonté de mourir peut être exprimée grâce aux déclarations anticipées. Si cela n’a pas été fait, une euthanasie peut être pratiquée à la demande expresse du patient au moment où il est encore en état d'exprimer sa volonté actuelle de mourir.

Sur les dix années étudiées, la proportion de patients en fin de vie demandant l’euthanasie est passée de 94 % à 84 % dans la région flamande de la Belgique. En revanche, aucun changement n’a été observé dans la région linguistique française.

Pour les auteurs de cette étude, la hausse des demandes tient au fait que la population belge connaît aujourd’hui bien la loi et que les médecins travaillant dans les services de soins palliatifs sont devenus plus expérimentés. Le dialogue avec les familles s’est notamment amélioré.  


Une pratique sous haute surveillance

Depuis que la Belgique a autorisé l’euthanasie, le reste du monde suit avec attention l’évolution de cette pratique, et les possibles dérives qui pourraient apparaître. Le débat concerne notamment la capacité des patients à donner un consentement éclairé et libre sans aucune pression extérieure. Des questionnements légitimes, selon les chercheurs, qui soulignent l’importance de suivre l’évolution de l’euthanasie et d'interroger les patients sur leurs motivations profondes.

Dans le monde, l’euthanasie active est autorisée en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Colombie. L’assistance médicale au suicide, qui consiste à donner au patient un médicament qu’il prendra quand il le souhaite à son domicile, a été légalisée en Suisse, en Allemagne, au Canada et au Japon. Aux Etats-Unis, l’aide au suicide est autorisée dans les Etats de l’Oregon, du Vermont, de Washington, de Californie et du Montana.

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