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En Belgique

Euthanasie : une étude détaille 100 demandes de malades psychiatriques

En Belgique, la plupart des requêtes d’euthanasie pour souffrance psychique inapaisable proviennent de personnes atteintes de dépression ou de troubles de la personnalité, selon une étude qui appelle à l’élaboration de recommandations.

Euthanasie : une étude détaille 100 demandes de malades psychiatriques SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 28.07.2015 à 17h58
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De l’autre côté de la frontière, l’étude peut sembler étonnante, voire choquante. Ses auteurs sondent les raisons qui ont conduit des êtres humains en grande détresse psychologique à demander qu’on leur accorde la mort. Elle se déroule en Belgique, l’un des rares Etats à autoriser l’euthanasie pour des pathologies psychiatriques.

Les travaux, publiés dans le BMJ Open, passent en revue 100 demandes d’euthanasie enregistrées entre 2007 et 2011, dans la région germanophone de la Belgique. Toutes sont motivées par des souffrances psychiques insupportables, que ni les thérapies, ni le temps, ne parviennent à apaiser.
 

Dépression, troubles de la personnalité, autisme…

Au cours de cette période, 77 femmes et 23 hommes ont ainsi demandé à mourir. A l’époque, ces patients étaient pris en charge au sein de cliniques ambulatoires et suivaient un traitement pour des troubles d’ordre psychiatrique. Ils étaient âgés de 21 à 80 ans, avec une moyenne de 47 ans.

La plupart des profils (90) présentaient au moins une maladie psychiatrique. Les diagnostics les plus fréquents concernaient des dépressions lourdes (58 patients) et des troubles de la personnalité (50 patients). D’autres pathologies, comme l’autisme (syndrome d’Asperger), ont également été recensées. La grande majorité des personnes (73) ont été jugées inaptes à travailler ; presque autant ont déclaré vivre seules.

Au final, près de la moitié des requêtes d’euthanasie ont été acceptées par les comités d’éthique et 35 ont été mises en œuvre. En revanche, huit personnes ont annulé leur demande ou l’ont repoussée, en expliquant que la simple idée d’avoir le choix leur a permis de trouver suffisamment de forces pour continuer à vivre.

Eviter les « suicides traumatiques non assistés »

Au moment de la rédaction de l’étude, 43 personnes étaient décédées, dont les 35 euthanasiées, expliquent les auteurs. Six personnes se sont suicidées – une en raison de délais d’attente jugés insupportablement longs, une autre parce que sa famille s’opposait à la procédure d’euthanasie. Une femme a mis fin à ses jours après avoir fait un séjour dans un hôpital psychiatrique. Une autre est décédée des suites d’une anorexie mentale.

Trente patients sont morts, entourés de leurs proches, dans un environnement « serein » et « positif », notent les auteurs de l’étude, qui insistent sur le fait que ces circonstances n’auraient pu être rassemblées « dans le cas d’un suicide traumatique non assisté ».

Pour les scientifiques, l’objectif de cette analyse est d’en savoir davantage sur l’origine de ces demandes et leur mise en œuvre, alors que la notion de « souffrance psychique insupportable » demeure floue. Ces demandes ne représentent d’ailleurs qu’une petite partie des requêtes d’euthanasie. Entre 2010 et 2011, 2 086 patient ont été euthanasiés, dont 10 % pour des motifs psychiatriques.

Les auteurs des travaux appellent donc à l’élaboration de recommandations pour traiter ces requêtes, tout en prenant en compte les considérations éthiques. « Il est nécessaire de mettre en place des protocoles clairs et détaillés, applicables dans la pratique ».

 

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