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QUESTION D'ACTU

Lactarium d’Île-de-France

Décès des prématurés : la contamination peut intervenir à tout moment

Le lactarium d'Île-de-France fait l'objet d'une enquête après le décès suspect de deux prématurés. D'autres sources de contamination bactérienne existent.

Décès des prématurés : la contamination peut intervenir à tout moment Petunyia/epictura

  • Publié 05.09.2016 à 16h08
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L’inspection suit son cours dans les locaux du lactarium d’Île-de-France, à l’hôpital Necker (Paris). Son activité a été suspendue à titre de précaution, après le décès suspect de deux nourrissons contaminés par la bactérie Bacillus cereus. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vérifie ce 5 septembre que les conditions de sécurité ont bien été respectées. Des investigations se déroulent également dans les services de néonatologie concernés.

Car si le lait maternel est une des pistes de contamination, elle n’est pas la seule à envisager. « Elle peut survenir à tout moment entre la maman qui donne son lait et le bébé », résume le Pr Jean-Charles Picaud, chef du service de néonatologie à l’hôpital de la Croix-Rousse (Lyon, Rhône) contacté par Pourquoidocteur.

La chaîne essentielle du froid

Les conditions d’exercice d’un lactarium sont très strictes. Une inspection de l’ANSM est exigée pour toute ouverture. Des visites de contrôle sont régulièrement réitérées. En cas de non respect des règles, la suspension est immédiate.
Dans le cas du lactarium de Necker, elle a été demandée à titre de précaution par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le Bacillus cereus a été relevé chez les deux grands prématurés. Or, ils « sont décédés dans des hôpitaux différents. Le seul point commun était le lait fourni par le lactarium », souligne le Pr Jean-Charles Picaud. La première source de contamination possible est en effet cette source d’alimentation.

Trouver le Bacillus cereus dans le lait fourni par une donneuse n’est pas rare : la bactérie est naturellement présente dans notre environnement. Afin de réduire au maximum les risques du don, un interrogatoire et plusieurs sérologies sont réalisés. Ils permettent de s’assurer que la mère n’est pas porteuse de maladies virales, ou bien fumeuse. Mais les prélèvements sont souvent réalisés à domicile. Malgré les recommandations de stockage, au frais, une contamination ne peut pas être exclue. C’est pourquoi le rapatriement du lait au lactarium se fait dans le respect de la chaîne du froid.

5 à 15 % de lots jetés

Arrivé dans les locaux, le lait subit une première phase de tests bactériologiques. « Si on trouve des germes en trop grande quantité ou des bactéries comme le staphylocoque doré, on le jette, explique le Pr Picaud. 5 à 15 % des lots sont jetés pour diverses raisons, principalement avant la pasteurisation. » Le processus est précis : le lait est chauffé à 63 °C pendant 30 minutes. La plupart des bactéries et virus sont détruits, et la qualité du produit préservée. Mais cela ne suffit pas toujours. « A la fin, un nouveau prélèvement bactériologique est effectué », indique le médecin lyonnais.

Certains germes peuvent résister, mais le Bacillus cereus survit très rarement à ce traitement. De plus, les analyses réalisées avant l’envoi aux hôpitaux permettent de repérer les dons contaminés. Celles du lactarium d’Île-de-France n’avaient rien révélé de suspect. Des précédents de ce type existent bien, mais « en l’état de la littérature scientifique, il n’y a pas de travaux qui établissent une relation formelle avec le lait », selon Jean-Charles Picaud.

« Un germe des poussières »

Dès son arrivée en service de néonatologie, le lait maternel ne relève plus de la responsabilité du lactarium, mais des hôpitaux. Le personnel transfère le produit vers d’autres contenants adaptés aux besoins des prématurés. Cette étape clé peut faire l’objet d’une contamination.

Mais le plus souvent, « les causes se trouvent dans l’environnement du bébé, affirme le Pr Picaud. C’est un germe des poussières. » Une ventilation mal isolée, le linge ou un matériel médical mal stérilisé sont autant de sources de contamination possibles. Les inspecteurs espèrent lever le doute en comparant les souches retrouvées chez les deux bébés. Comme le précise ce spécialiste en néonatologie, une correspondance ne mettra pas forcément en cause le lactarium d’Île-de-France : « Si la bactérie se trouve sur le linge, il peut provenir d’un même endroit de nettoyage », rappelle-t-il.

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