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QUESTION D'ACTU

Désynchronisation des rythmes biologiques

Travail de nuit : comment il favorise l'apparition des cancers

Des chercheurs ont découvert que travailler en horaires décalés provoquait l'inactivation des gènes suppresseurs de tumeurs, ce qui favorise l'apparition de cancer.  

Travail de nuit : comment il favorise l'apparition des cancers elwynn/epictura

  • Publié 05.08.2016 à 17h35
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Plus de 3,5 millions de Français travaillent en horaires décalés. Cette organisation du travail perturbe le cycle biologique veille-sommeil. Une désynchronisation qui affecterait les cellules de l'organisme et augmenterait le risque de cancer, révèle une étude publiée dans Cell Metabolism. Ces travaux de l’Institut Koch de l’Institut technologique du Massachusetts (MIT) sont les premiers à décrire les mécanismes responsables du sur-risque déjà décrit de cancer chez les travailleurs aux horaires atypiques.

Chez l’homme et de nombreux organismes vivants, c’est l’alternance jour-nuit qui synchronise le cycle veille sommeil. De nombreux mécanismes cellulaires, notamment la division, sont contrôlés par les rythmes circadiens. Or, en travaillant la nuit et en dormant le jour, les cellules des travailleurs sont désynchronisées. « Les cellules ont besoin d’un repère lumineux, celui-ci agit comme un bouton de réinitialisation, explique Thales Papagiannakopoulos, responsable des travaux. Lorsque vous perdez ce repère, vous perdez votre rythme naturel dans toutes les cellules de votre corps »


Inactivation des gènes suppresseurs de tumeurs

En étudiant la souris, les chercheurs ont découvert que les horaires décalés entraînent l’inactivation de deux gènes impliqués dans les rythmes circadiens et qui sont également des gènes suppresseurs de tumeurs. Leur rôle est de réguler la prolifération cellulaire. Lorsqu’ils sont inactifs, les cellules ne sont plus contrôlées et peuvent se multiplier de façon anarchique, avec un risque de formation de tumeurs.

Pour étudier cet effet sur ces gènes, les scientifiques ont examiné des souris génétiquement modifiées pour développer un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC), la forme la plus fréquente des cancers du poumon. Un groupe de rongeurs a vécu selon son rythme habituel (exposé pendant 12 heures à la lumière puis 12 heures de sommeil), tandis que les autres sont restés éveillés 8 heures de plus que d’habitude tous les 2 ou 3 jours. Les chercheurs ont alors observé que les tumeurs des souris exposées à des horaires décalés grossissaient plus rapidement, et que leur cancer était plus agressif que chez les autres souris.

Lors d’une autre expérience, les souris ont suivi leur rythme biologique mais les scientifiques ont inactivé les gènes suppresseurs de tumeurs chez certains cobayes. Résultat : les tumeurs ont grossi beaucoup plus vite chez ces souris, comme elles l’avaient fait lors de l’exposition aux horaires décalés, que les autres.


Même effet chez l'homme

Après avoir observé ces effets néfastes chez l’animal, les chercheurs ont étudié des cellules cancéreuses de poumons prélevées chez des malades. Là encore, ils ont noté que les gènes suppresseurs de tumeurs étaient inactifs, tout comme plusieurs gènes régulant les rythmes circadiens, dans ces cellules, notamment dans les tumeurs les plus agressives.

Les chercheurs du MIT tentent maintenant de découvrir si cette désynchronisation peut entraîner l’apparition d’autres cancers. Plusieurs études ont notamment suggéré que les femmes exerçant leur métier la nuit ont un risque accru de développer un cancer du sein. Leurs travaux porteront également sur le développement de médicaments ciblant les gènes suppresseurs de tumeurs.

 

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