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Université de Stanford

Antibiotiques : un test pour éviter les prescriptions inutiles

Des chercheurs de Stanford développent un test qui permettrait de différencier les infections bactériennes et des virales. La lutte contre l'antibiorésistance se précise.

Antibiotiques : un test pour éviter les prescriptions inutiles C. Bickel / Science Translational Medicine (2016)

  • Publié 08.07.2016 à 13h08
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Ils sont cités comme facteurs de risque ou de protection. Et si les gènes pouvaient aussi être une arme contre l’antibiorésistance ? A l’heure où les super-bactéries menacent le monde, l’Ecole de médecine de l’université de Stanford (Californie, Etats-Unis) propose un nouveau test diagnostique. Il s’appuie sur l’analyse de l’activité génétique. Son avantage : il est peu cher et assez rapide, d’après les résultats présentés dans Science Translational Medicine. Le but, prescrire des antibiotiques seulement lorsqu'ils sont nécessaires. 

7 gènes analysés

Entre infections virales et bactériennes, la frontière est parfois ténue sur le plan des symptômes. Tout le problème, pour les médecins, est alors de savoir si des antibiotiques doivent être prescrits ou non. Les examens demandent souvent du temps, de plusieurs heures à plusieurs jours. Entre-temps, des antibiotiques peuvent être prescrits malgré tout.

De fait, une étude conduite au Népal par Jason Andrews, de l’université Stanford, a testé des patients malades. Seuls 5 % d’entre eux avaient réellement besoin d’antibiotiques. Mais prescrire le médicament s’avère moins coûteux que de réaliser un test.

Cet usage parfois erroné favorise l’émergence de bactéries multi-résistantes. D’après les dernières estimations, livrées dans un rapport remis au gouvernement britannique, ce phénomène pourrait faire 10 millions de victimes par an d’ici 2050.

Une activation spécifique

Les chercheurs de l’université de Stanford ont tiré profit de travaux précédents : ils ont montré que le système immunitaire ne réagit pas de la même façon face aux virus et aux bactéries. Mais le nombre de gènes passés en revue était considérable. Ils l’ont donc réduit à 7 gènes dont l’activité varie au cours d’une infection – résultat d’une réaction en chaîne. Selon le motif de cette activation, il est possible de savoir si un virus est impliqué ou une bactérie.

Comme le précise Purvesh Khatri, dernier auteur de l’étude, « nous avions besoin d’une signature génétique composée d’un nombre réduit de gènes pour que le test soit utile en pratique. » En plus de réduire le coût, cette approche améliore la rapidité du dispositif.

90 % d’efficacité

Mais le test génétique, qui s’appuie sur des échantillons sanguins, manque encore de vivacité : testé sur 96 enfants malades, il a confirmé sa bonne précision. 89 % des infections bactériennes sont détectées, tout comme 54 % des infections virales. Ces résultats doivent encore être confirmés sur de plus larges groupes.

L’autre problème de ce test, c’est sa lenteur. 4 à 6 heures d’attente sont nécessaires avant d’obtenir un résultat. Pour un patient atteint de septicémie, chaque heure qui s’écoule sans traitement augmente de 6 à 8 % le risque de décès. Le test devra donc être intégré à un dispositif qui livre une réponse en moins d’une heure.

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