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Toxicologie, efficacité, ...

Développements thérapeutiques : qu'apportent les modèles animaux ?

Pour comprendre les maladies et développer des traitements, les chercheurs s’appuient sur l’expérimentation animale en raison de sa validité scientifique. L’objectif : s’assurer que les médicaments sont sûrs et efficaces avant de les proposer aux malades.

Développements thérapeutiques : qu'apportent les modèles animaux ? JanPietruszka/Pix5

  • Publié 16.05.2016 à 18h10
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  Dossier réalisé en partenariat
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Science&Santé
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L’expérimentation animale n’est pas un long fleuve tranquille, mais son intérêt ne s’est pas démenti au fil de l’histoire de la médecine. Pour preuve, en 1885, Louis Pasteur met au point le vaccin contre la rage grâce à des chiens et des lapins. Au début des années 1980, les premières études du sida seront menées en parallèle chez les malades et les singes. En 2000, « c’est grâce à des modèles murins qu’a été mise au point la thérapie génique pour les “bébés-bulles”[par Marina Cavazzana, Alain Fischer et Salima Hacein-Bey Abina à l’Hôpital Necker à Paris, ndlr] », rappelle Bernard Malissen, responsable du Centre d’immunophénomique (CIPHE) de Marseille. Et aujourd’hui encore, il ne manque pas d’exemples d’expérimentation animale permettant de valider des approches thérapeutiques innovantes. De plus, l’expérience acquise lors d’un protocole permet souvent de limiter le nombre d’animaux nécessaires pour les suivants.

Une étape nécessaire

Ainsi, depuis 4 ans, un essai de thérapie génique dans l’amaurose congénitale de Leber, une maladie génétique rare de la rétine qui peut entraîner la cécité, est mené à l’hôpital de Nantes. « Aujourd’hui, 9 malades ont été traités et les effets sont favorables », indique Philippe Moullier d’Atlantic Gene Therapy qui a mené les études précliniques avec Fabienne Rolling. Or, avant d’être proposé aux malades, le traitement avait été administré à des chiens porteurs de la même pathologie afin d’en évaluer les effets, notamment l’absence de toxicité, et de mettre au point le geste chirurgical.« En l’occurrence, celui-ci a toujours été fait par un vétérinaire ou un chirurgien du CHU, souligne le chercheur. Sur les 15 chiens traités, si l’un l’a été trop tard, les 14 autres vont bien et nous continuons à les suivre. »
Et aujourd’hui, cette équipe développe une thérapie similaire, à nouveau pour une maladie de la rétine source de cécité, la rétinite pigmentaire liée au gène Pde6β, et aussi grâce à des chiens malades. « L’étude faite pour l’amaurose nous a permis d’utiliser moins d’animaux cette fois, explique Philippe Moullier. Cependant, le passage par les chiens a été nécessaire. Cela nous a montré notamment que la zone traitée n’est pas gagnée par la maladie ultérieurement, ce qui est très important car il n’est pas possible pour l’instant de traiter toute la rétine. A priori, nous devrions donc traiter les premiers malades courant 2017. »

 

 

 

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Une nécessité qu’illustre également Serge Picaud, de l’Institut de la vision à Paris, qui collabore avec Pixium vision, une société française qui développe des prothèses rétiniennes pour restaurer la perception visuelle de patients aveugles. « En effet, les premiers dispositifs de la société allemande Intelligent Medical Implants qui avaient été posés chez des patients n’avaient pas été testés en condition opérationnelle chez des animaux et certains ont cessé de fonctionner au bout d’un mois, relate le chercheur. C’est pourquoi, nous évaluons nos nouveaux implants sur des rats afin de déterminer s’ils marchent ou pas. Puis, pour être au plus près de leur condition réelle de fonctionnement, nous les testons sur des animaux dont la taille et l’anatomie de l’œil sont proches de l’œil humain, comme le porc et les primates. Aujourd’hui, ce système appelé Iris® est à l’essai chez une dizaine de patients aveugles atteints d’une rétinopathie pigmentaire. »

Enfin, si les gros animaux sont des modèles proches de l’Homme, « les souris ont aussi permis des découvertes majeures, souligne Bernard Malissen. Dans les années 1980 et 1990, il a été identifié deux récepteurs — CTLA-4 et PD-1 — à la surface des lymphocytes T, des cellules clés du système immunitaire. Or, en mettant au point des souris dépourvues des gènes qui codent pour ces récepteurs, on s’est rendu compte que leurs lymphocytes étaient plus efficaces. James Allison, un immunologiste américain, a alors eu l’idée de bloquer le récepteur CTLA-4 à l’aide d’anticorps afin que le système immunitaire s’attaque de manière beaucoup plus efficace aux tumeurs. Ces observations faites chez la souris ont conduit au développement d’anticorps thérapeutiques, dirigés contre CTLA-4 et PD-1 chez l’Homme, qui exacerbent l’activité des lymphocytes T dirigés contre les mélanomes métastasiques, une forme très grave de cancer de la peau. Et alors qu’il y a 3 ans, les malades mourraient généralement six mois après le diagnostic, 30 % d’entre eux sont vivants 4 ans après ! »

Bien entendu, toutes les pistes thérapeutiques identifiées grâce aux animaux ne deviennent pas des traitements. De même, il arrive qu’une fois donnés à l’Homme, les médicaments engendrent des effets secondaires qui n’avaient pas été identifiés. Cependant, force est de constater que l’expérimentation animale a permis, et permet encore, des avancées médicales majeures.

 

  Françoise Dupuy Maury
Science&Santé, le magazine de l'Inserm

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