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QUESTION D'ACTU

Etude américaine

Hyperactivité : la Ritaline diminue la densité osseuse des enfants

Selon une étude, la Ritaline, utilisée dans le traitement du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), diminuerait la densité osseuse chez l'enfant.

Hyperactivité : la Ritaline diminue la densité osseuse des enfants ©123RF/Sherry Yates Young

  • Publié 04.03.2016 à 13h01
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Le méthylphénidate (MPH) à nouveau pointée du doigt ! Cette molécule voisine des amphétamines qui est prescrite pour traiter le troubles déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité des enfants et des ados est commercialisée sous plusieurs noms de marque, le plus connu étant la Ritaline.
Classée parmi les stupéfiants, cette « camisole chimique », comme l’appellent ses détracteurs, est pourtant largement prescrite. Mais elle provoque aussi des effets indésirables rappelle ce vendredi une étude.

1 enfant sur 4 a de l'ostéopénie 

Présentés à la réunion annuelle 2016 de l'Annual Meeting of the American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS), ces travaux montrent que les enfants et les adolescents qui prennent ces médicaments pour soulager leur TDAH présentent une diminution de la densité osseuse.
Les travaux ont été menée sur 5 315 jeunes patients participant à la cohorte Health and Nutrition Examination Survey (NHANES). Plus précisément, les résultats récoltés montrent que les enfants traités ont une densité minérale osseuse plus faible dans le fémur, le col du fémur, et la colonne lombaire. 
De plus, 25 % d'entre eux remplissaient les critères de l'ostéopénie, un état physiologique caractérisé par une densité osseuse inférieure à la normale. Un état qui pourrait, selon certains travaux, avoir des implications à long terme et conduire à une mauvaise santé des os à l'âge adulte et au grand âge.
Côté explications, l’U.S. Army Institute of Surgical Research, qui a mené l'étude, met en cause, les effets directs de ces médicaments sur le système nerveux sympathique, qui joue aussi un rôle important dans le remodelage osseux.
Ces experts appellent donc les pédiatres à prendre en compte la surveillance de la santé des os chez les enfants qui reçoivent du méthylphénidate. 

Les Etats-Unis, premiers consommateurs 

Des conclusion qui pourraient bien inquiéter les parents outre-Atlantique, où cette classe de médicaments est utilisée de plus en plus largement. Le site santé log rappelle qu’aux Etats-Unis, 3,5 millions d'enfants et d'adolescents sont traités par ces médicaments, avec une augmentation de prescriptions de 28 % sur la période 2007- 2011.
En France, on assiste aussi à un boom des ventes de Ritaline. Selon un rapport de 2013 de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), le nombre de boîtes vendues a été multiplié par 19 entre 1996 et 2012, passant de 26 000 à 494 000.
Autre  chiffre, celui dévoilé par Le Parisien qui révélait en 2013 que les ventes de ce médicament avaient augmenté de 70 % entre mars 2008 et mars 2013. Pourtant, si l'on compare aux Etats-Unis, il semblerait qu'en France, la Ritaline soit peu prescrite. En décembre 2012, la HAS (1) estimait en effet que le taux de prescription était de 0,15 % dans la population d’âge scolaire. Il s'agissait du taux le plus bas d'Europe.

L'ANSM rappelle les risques 

Face à ces chiffres, l'ANSM a tout de même rappelé dans le passé les nombreux effets indésirables du produit. Elle n'écartait par exemple pas le risque cardiovasculaire. Dans sa brochure, elle évoquait, par ailleurs, « des risques d'effets indésirables neuropsychiatriques et cérébro-vasculaires ». De plus, l'ANSM indiquait que «  les risques de mésusage et de dépendance nécessitent également une surveillance particulière ». 
Alors pour tenter de protéger aux mieux les patients, l'Agence recommande, « un suivi régulier, en particulier de la tension artérielle, de la fréquence cardiaque, de la taille et du poids chez l’enfant, de l’humeur et du comportement, une réévaluation régulière de la nécessité de poursuivre le traitement, ainsi que le respect des conditions d’utilisation permettent de limiter la survenue d’effets indésirables graves ».

(1) En France, la Haute Autorité de Santé édicte les recommandations en matière de pratique médicale

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