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QUESTION D'ACTU

Alerte du Dr Bruno Abraham

Une flambée de syphilis inquiète les médecins corréziens

A l'image du Gard en 2015, la syphilis, une infection sexuellement transmissible, a fait son retour en Corrèze. Pour éviter le pire, le Dr Abraham appelle au dépistage. 

Une flambée de syphilis inquiète les médecins corréziens DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 23.01.2016 à 17h30
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Médecin spécialiste des maladies infectieuses au Centre Hospitalier de Brive (Corrèze), le Dr Bruno Abraham n'a pas hésité à employer le mot « d'explosion » face à la soudaine et rapide résurgence des cas de syphilis dans son département. Il y a quelques jours, il a tiré la sonnette d'alarme dans le quotidien régional La Montagne.

« Pour le grand public, c'est une maladie du passé, souvent associée aux maisons closes. Nous assistons pourtant à son retour. En 2015, une quarantaine de personnes ont été soignées à Brive alors qu'il y a un ou deux ans, nous n'avions que un ou deux cas par an », a-t-il indiqué.

L'importance du dépistage

Pour expliquer cette flambée, le Dr Abraham évoque le mode de transmission de cette Infection Sexuellement Transmissible (IST). « Il est beaucoup plus facile que le virus du sida lors d'une fellation non-protégée ».

Alors, face à ce constat inquiétant, ce médecin a lancé un appel : « Il ne faut pas hésiter à se faire dépister ».
Pour dépister la maladie, un examen clinique est nécessaire et en l’absence de symptômes, le diagnostic repose sur une prise de sang. Traitée rapidement, la syphilis primaire et secondaire se soigne facilement avec une injection unique d'antibiotiques comme la Benzathine Pénicilline G.
A l'inverse, si elle n’est pas traitée, la syphilis peut entraîner des problèmes aux yeux, des troubles neurologiques et psychiatriques, l'altération d’organes et même le décès de la personne.

Recrudescence de cas aussi dans le Gard

Une mise en garde qui peut s'appliquer aussi dans d'autres départements puisque la syphilis semble ressurgir aux quatre coins de l'Hexagone. En mais 2015, les centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) du Gard avaient en effet lancé la même alerte à la syphilis pour le département. Trois fois plus de cas avaient été constatés au cours des derniers mois.

Pour rappel, entre 2000 et 2009, le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) a recensé plus de 4 000 de cas de syphilis précoce, en France.  La syphilis est due à une bactérie, Treponema Pallidum (tréponème pâle) responsable de lésions de la peau et des muqueuses qui peuvent toucher de nombreux organes. La bactérie ne pouvant survivre à l’air libre, la transmission se fait généralement par contact direct lors d’une pénétration vaginale ou anale, mais aussi lors de rapport de sexe oral et parfois de bouche à bouche. Les chiffres, en hausse depuis plus d’une dizaine d’années, rappellent la nécessité de se protéger lors de rapports sexuels.

Syphilis : le nombre de cas a doublé aux Etats-Unis

En 2013, le nombre de personnes atteintes par cette IST était de 5,3 pour 100 000 aux Etats-Unis, soit un chiffre plus de deux fois supérieur à celui de 2000 où l’on comptait 2,1 cas pour 100 000 personnes (le taux le plus bas de l’histoire des Etats-Unis). Entre 2005 et 2013, les centres pour le Contrôle des Maladies et leur Prévention (Centers for Disease Control and Prevention) rapportent que le nombre de patients atteints de la syphilis a presque doublé, de 8 724 à 16 663. 
Après avoir presque totalement disparu, ce retour de la syphilis outre-Atlantique a lieu en majorité chez les hommes gays et bisexuels. Elle inquète les spécialistes américains puisque cette maladie expose également à un risque accru d’infection par le VIH du fait des lésions qu'elle provoque.

 


 

 

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"En 2015, une quarantaine de personnes ont été soignées à Brive alors qu'il y a un ou deux ans, nous n'avions que un ou deux cas par an"

Posté par Pourquoidocteur sur dimanche 24 janvier 2016
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