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QUESTION D'ACTU

10 km autour d'une centrale en France

Distribution d'iode : le périmètre de sécurité contesté

Une eurodéputée écologiste appelle les autorités françaises à étendre la zone de distribution d'iode pour les riverains proches des centrales. A l'instar de la Suisse.

Distribution d'iode : le périmètre de sécurité contesté FIEVEZ/SIPA

  • Publié 13.01.2016 à 16h18
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La nouvelle campagne de distribution d’iode pour les riverains des 19 centrales nucléaires françaises débutera en février 2016. Elle vise à remplacer les comprimés en circulation depuis 2009 qui arrivent à péremption. Les comprimés d’iode stable permettent en effet de protéger la thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif.
Une action de santé publique plébiscitée par tout le monde ? Pas vraiment, car les premières polémiques sur le périmètre d'intervention commencent à émerger. 

En France, les zones de distribution gratuites sont celles ciblées par le Plan Particulier d’Intervention (PPI). Comme l'explique l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), il s'agit d'une zone située dans un rayon de 10 kilomètres autour de chaque centrale nucléaire. Une délimitation qui ne fait pas l'unanimité, notamment du côté des écologistes.
Dans un communiqué publié sur son site, Michèle Rivasi, députée européenne écologiste, écrit que « cette nouvelle campagne de distribution est nécessaire pour renouveler les stocks d’iode et fournir ces comprimés aux riverains des centrales gratuitement et préventivement. Mais les dispositions prises sont lacunaires et ne respectent pas le principe de prévention, comme en atteste la situation dans d’autres pays européens », déplore-t-elle.

Un périmètre de 50 km pour les Suisses...

A la lecture de sa tribune, on s'aperçoit qu'en Suisse par exemple, les comprimés d’iode étaient remis préventivement dans un rayon de 20 km autour d’une centrale nucléaire avant l'accident nucléaire de Fukushima qui a eu lieu le 11 mars 2011 au Japon. Et après cette catastrophe, le périmètre a été étendu à un rayon de 50 kilomètres par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) helvète.

...et 100 km pour les experts belges 

Mais les Suisses ne sont pas seuls à penser à des mesures aussi drastiques. En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a rendu l'an dernier (en mars 2015) un avis pour aller encore plus loin. L'organe considère que pour assurer une meilleure protection de la population belge (et particulièrement des enfants), les pharmacies doivent pouvoir fournir des pastilles d’iode non-radioactif dans un périmètre de 100 km autour de chaque centrale. 

Enfin, selon l’association des autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest (WENRA), le périmètre de distribution préventive devrait être de 20 kilomètres
Ainsi, au regard de ces comparaisons et au nom d’ « une application optimale du principe de prévention », l’eurodéputée écologiste appelle donc les autorités sanitaires françaises à prendre les meilleures dispositions possibles pour les riverains.
« On sait bien qu’un accident nucléaire ne provoque pas un rejet radioactif de façon concentrique autour de la centrale : il faut s’inspirer des modélisations climatiques et du sens des vents pour rendre la prévention optimale. Dans l’idéal, la zone de distribution devrait s’étendre à 100 kilomètres autour des centrales nucléaires », pense-t-elle.

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