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QUESTION D'ACTU

Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire

Un tiers des sans abri souffre de troubles psychiatriques sévères

Les sans domicile fixe sont victimes de la double peine. 31 % souffrent de troubles psychiatriques sévères mais ils sont rarement diagnostiqués. Cela aggrave les comorbidités.

Un tiers des sans abri souffre de troubles psychiatriques sévères Michel Euler/AP/SIPA

  • Publié 17.11.2015 à 12h12
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Sans abri et souvent sans soins adaptés. Un tiers des sans domicile fixe d’Île-de-France souffrent de troubles psychiatriques sévères, selon l’étude Samenta (Santé MENTale et Addictions chez les sans domicile franciliens). Cette population, particulièrement précaire, est rarement diagnostiquée et donc mal prise en charge. Elle bénéficierait pourtant d’un suivi plus étroit.
C’est ce qu’expliquent les auteurs de ces travaux dans le dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS).

840 personnes sans abri ont accepté de répondre aux questions des enquêteurs et des psychologues qui signent cette publication. Différents modules se sont penchés sur les comportements addictifs des volontaires, ainsi que sur leur santé mentale. L’échantillon est majoritairement masculin (65 %), pour refléter les ratios dans la population des sans domicile. Si les participants sont âgés de 18 à 82 ans, la moyenne d’âge s’établit à 38 ans.

10 fois plus touchés

31,5 % de la population souffre de troubles psychiatriques sévères, concluent les auteurs. C’est bien plus que la moyenne française. Ce terme large englobe les troubles psychotiques, tels que la schizophrénie, mais aussi les troubles de l’humeur ou l’anxiété. Et dans le cas des troubles psychotiques, les sans abri sont 10 fois plus touchés que la population générale.
Ces maladies sont souvent mal repérées chez les sans domicile fixe. 1,5 % des troubles psychotiques seulement sont diagnostiqués dans cette population. Une défaillance qui est moindre lorsque les troubles sont plus légers. Ainsi, les troubles anxieux sont identifiés dans 20,4 % des cas.

Source : BEH

Des troubles couplées avec un addiction

La question du diagnostic est d’autant plus cruciale que, bien souvent, ces troubles psychiatriques coexistent avec une addiction. La moitié des sans abri atteints de pathologies psychotiques présentent également un comportement addictif – l’alcool dans 3 cas sur 10 et le cannabis dans 3 cas sur 10. Le type de maladie augmente le risque, multiplié par 4,6 chez les schizophrènes. Ce n’est pas le cas dans le trouble anxieux ou dans la dépression.

La situation est encore compliquée par les conditions d’accueil, bien souvent inadaptées face aux troubles psychiatriques. Les chercheurs ont observé une surreprésentation dans les « centres à bas seuil », c’est-à-dire les hébergements d’urgence.
Un résultat qui met en lumière « l’inadéquation flagrante des conditions d’hébergement des malades quand on constate que les personnes sans domicile psychotiques – relevant d’un suivi qui devrait être particulièrement attentif, dans un environnement stabilisé – sont concentrées dans les structures d’hébergement les plus précaires et instables », estiment les auteurs. Les psychotiques représentent une population de 2 800 personnes en Île-de-France. La prise en charge et l’hébergement dans « la région la plus peuplée et la plus riche de France, ne devrait pas constituer un objectif politique et sanitaire inatteignable », tranchent-ils.

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