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QUESTION D'ACTU

Facteurs socio-économiques

Antidépresseurs : pourquoi les Etats européens consomment différemment

Des chercheurs se sont penchés sur les facteurs socio-économiques à l'origine des différences de consommation d'antidépresseurs selon les Etats européens.

Antidépresseurs : pourquoi les Etats européens consomment différemment GILE MICHEL/SIPA

  • Publié 10.07.2015 à 18h59
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Les antidépresseurs, une affaire culturelle ? Des chercheurs du King’s College de Londres se sont penchés sur la consommation de ces médicaments en Europe, et sur les facteurs économiques et culturels à l’origine des différences constatées entre les Etats. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue British Journal of Psychiatry.

Ecarts de consommation

Les auteurs de l’étude se sont fondés sur les données de l'Eurobaromètre 2010 sur la santé mentale, qui ont permis d’établir des écarts significatifs dans les consommations d’antidépresseurs. Ainsi, alors qu’au Portugal, 16 % de la population générale s’est vu prescrire ces médicaments au cours des douze derniers mois précédant l’enquête, en Grèce, ce taux n’est que de 3 % (à l’époque). Pour le Royaume-Uni, il s’élève à 9 %, et à 10 % pour la France. A l’échelle européenne, la moyenne s’élève à 7 %.

Pourtant, la prévalence des maladies mentales ne varie pas de manière significative selon les Etats européens, expliquent les auteurs. Alors comment expliquer une telle disparité ?


Source : Eurobaromètre 2010

 

 

Perception des maladies mentales

Selon les conclusions de l’étude, plus un pays a tendance à investir d’argent dans son système de santé, plus la consommation d’antidépresseurs est élevée. Ce qui, en soi, est assez logique, puisque dans ces Etats, l’accès aux médicaments s’en retrouve facilité.

Un autre facteur, moins intuitif, semble influer directement la consommation des habitants : la perception des maladies mentales au sein des pays. Cette approche a été sondée à travers l’Eurobaromètre 2006, où les participants étaient invités à répondre à des questions telles que : « les personnes atteintes de troubles mentaux ou émotionnels constituent-elles à vos yeux des dangers ? », « n’ont-elles qu’elles à blâmer ? » ou encore, « pourront-elles guérir un jour ? ».

Or, selon l’étude, plus une population a tendance à stigmatiser les personnes souffrant de troubles, moins l’usage d’antidépresseurs est répandu. Ainsi, dans les Etats qui ont tendance à considérer ces patients comme des cas incurables, seuls responsables de leur état, le recours aux antidépresseurs est faible. Au contraire, les populations qui croient aux thérapies contre les troubles mentaux y ont davantage recours. 
Toutefois, un autre facteur de discrimination augmente le recours aux antidépresseurs. En effet, les Etats où les troubles mentaux sont associés à des dangers potentiels ont tendance à manifester une consommation élevée de médicaments.

Malgré ces différences, les auteurs ont pu dresser le portrait type du consommateur européen d’antidépresseur. Il s’agit d’une femme d’au moins quarante ans, sans emploi ou en recherche de travail, qui éprouve des difficultés à payer ses factures à la fin du mois.


Source : Eurobaromètre 2006

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