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QUESTION D'ACTU

Décès de Jean-Luc Delarue

Cancer de l'estomac : un diagnostic difficile à établir

Peu fréquent en France, le cancer de l'estomac a un taux de survie faible dans ses formes graves. Les symptômes  étant peu spécifiques, il est souvent diagnostiqué trop tardivement.

Cancer de l\'estomac : un diagnostic difficile à établir A.GELEBART/20MINUTES/SIPA

  • Publié 24.08.2012 à 20h58
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« Je vais me battre. C’est quelque chose entre lui et moi ». C’est en ces termes que le célèbre animateur avait annoncé en décembre 2011 souffrir d’un « cancer de l’estomac et du péritoine. Le traitement va durer neuf mois », avait ajouté Jean-Luc Delarue, précisant qu’il n’avait pas de métastase. 
En fait, le cancer de l’estomac commence par une forme isolée mais peut se diffuser et entraîner des métastases au niveau du foie et du péritoine. C'est une maladie des cellules de l’estomac. Dans 90% des cas, il s’agit d’un adénocarcinome, c’est-à-dire du tissu qui tapisse l’intérieur de l’estomac (sa muqueuse). Il est peu fréquent; environ 6500 nouveaux cas apparaissent chaque année en France (contre 75000 pour le cancer de la prostate, qui est le plus fréquent). Mais il est grave. Le taux de survie, toutes formes confondues, est de 15 % à 5 ans. 

Entretien avec le Pr Côme Lepage, gastroentérologue au CHU de Dijon, professeur à l’Université de Bourgogne et directeur de l’unité Inserm Umr 866.

pourquoidocteur. Quels sont les symptômes de la maladie ?
Pr Côme Lepage : ils sont souvent assez pauvres. On peut voir des signes digestifs, des douleurs tels que des crampes, des difficultés à digérer (dispepsie), ainsi que des saignements qui sont des complications fréquentes. Ces saignements peuvent entraîner une anémie.
Ensuite, il y a les symptômes liés à une maladie évoluée, comme une asthénie très importante avec altération de l’état général, une perte de poids, et en cas de métastases, un foie qui devient très gros, des ganglions.
Donc il n’y a pas de signes précoces et les signes spécifiques liés au cancer de l’estomac sont très pauvres.

Quelles sont les facteurs de risque ?
Pr Côme Lepage : la maladie touche surtout les hommes (deux tiers des cas), âgés de plus de 65 ans.
L’infection à Helicobacter Pilori est un facteur prédisposant, mais n’est pas suffisante à elle seule pour induire un cancer. Seul 1% des patients infectés par cette bactérie développe un cancer.

Des facteurs génétiques jouent un rôle dans certains types de cancer de l’estomac comme les cancers gastriques héréditaires diffus, et les adénocarcinomes survenant dans le cadre de syndromes familiaux, comme le syndrome de Lynch. Ces diagnostics sont à évoquer surtout chez des patients qui développent un cancer avant 50 ans.
Autres facteurs de risque, les facteurs environnementaux comme le tabac, la consommation élevée de sel, la conservation des aliments dans le sel, la faible consommation de fruits et légumes, et un niveau socio-économique bas. La consommation d’alcool est probablement un facteur de risque, mais c’est moins bien démontré que pour le tabac. En revanche, les drogues n’ont pas d’incidence.
Les gastrites chroniques sont également un facteur de risque de cancer de l’estomac.

Comment le diagnostic est-il établi ?
Pr Côme Lepage : avant 50 ans, le médecin prescrit un traitement symptomatique. Si les symptômes ne disparaissent pas, alors un examen endoscopique est demandé. Après 50 ans, une fibroscopie est pratiquée. Le diagnostic est établi grâce à l’analyse des cellules de l’estomac prélevées par biopsie. Mais les symptômes étant  peu spécifiques, le diagnostic est difficile à établir et il est souvent réalisé trop tardivement.

Quels sont les traitements ?
Pr Côme Lepage : Le traitement curatif (pour guérir du cancer) est la chirurgie. L’intervention consiste à enlever tout ou partie de l’estomac. Elle peut être précédée et suivie d’une chimiothérapie. Le traitement palliatif (pour contenir l’évolution de la maladie) associe chimiothérapie et éventuellement radiothérapie.


Quel est le pronostic ?
Pr Côme Lepage : le pronostic n’est pas bon. Chez les patients opérés, tout dépend de l’envahissement des ganglions. Si aucun n’est envahi, le taux de survie à 5 ans est de l’ordre de 60%. Si un premier niveau de ganglion est envahi, le taux est de 35% et si un deuxième niveau est envahi, le taux est de 10%.

Quels conseils pour prévenir  un cancer de l’estomac 
Pr Côme Lepage
 : arrêter de fumer et ne pas consommer trop de sel !

Entretien avec Sandrine Chauvard


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