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QUESTION D'ACTU

Déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X

Bébés-bulle : la thérapie génique plus efficace que la greffe

L’absence de système immunitaire efficace n’est plus une fatalité. La thérapie génique est très efficace pour favoriser la production de globules blancs chez les bébés-bulle.

Bébés-bulle : la thérapie génique plus efficace que la greffe DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 14.04.2015 à 06h30
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La thérapie génique sort les enfants-bulle de leur chambre stérile. Cette approche thérapeutique, développée à l’hôpital Necker-Enfants malades, s’avère même plus efficace que la greffe de cellules souches provenant d’un donneur partiellement compatible. La première étude de comparaison livre ses résultats dans la revue Blood. Et offre une lueur d’espoir pour les patients atteints de déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X.

 

Corriger le défaut génétique

Le déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X (DICS lié à l’X) est une maladie héréditaire rare. Une naissance sur 200 000 est concernée. « Elle touche l’enfant dès la naissance et se traduit par une absence de système immunitaire efficace, explique à Pourquoidocteur le Dr Fabien Touzot, du service de biothérapie de l’hôpital Necker. Elle entraîne un risque d’infection mortelle pour l’enfant, en général dans la première année. »

Les malades sont donc hospitalisés dans une chambre stérile, d’où leur surnom d’enfants-bulle. L’objectif idéal est la greffe de cellules souches hématopoïétiques saines, qui permettent de créer les lymphocytes. Mais les petits patients n’ont pas toujours un donneur totalement compatible, comme un frère ou une sœur. Dans ce cas, la greffe de cellules souches peut être réalisée à partir d’un donneur partiellement compatible, le père ou la mère.

Mais depuis 1999, une équipe de l’hôpital Necker-Enfants malades (Assistance publique des hôpitaux de Paris) tente de donner aux malades un système immunitaire viable via la thérapie génique.

 

Ecoutez...
Dr Fabien Touzot, département de Biothérapie à l’hôpital Necker : « On infecte les cellules souches hématopoïétiques avec un virus qui va permettre d’intégrer le gène correcteur. »

 

Plus de lymphocytes, plus tôt

Deux essais cliniques ont été réalisés en France, au sein de l’hôpital Necker. Le premier, démarré en 1999, a été interrompu en 2003 après la déclaration d’effets indésirables graves. Le second a eu lieu entre 2010 et 2013, et s’est avéré plus sûr. Mais jamais cette approche n’a été comparée à la greffe de cellules souches à partir d’un donneur partiellement compatible. L’équipe française a donc observé l’évolution de deux groupes de patients atteints de DICS lié à l’X : 13 avaient reçu une greffe, 14 avaient bénéficié d’une thérapie génique.

Les résultats obtenus montrent que corriger les cellules souches défaillantes s’avère plus efficace qu’injecter celles d’un proche. Les enfants du groupe « thérapie génique » ont développé des lymphocytes T plus rapidement que ceux du groupe « greffe ». Six mois après le traitement, ils étaient 78 % à présenter un nombre normal de globules blancs, contre 26 % dans l'autre groupe. La production de lymphocytes à long terme est également meilleure. 

 

Ecoutez...
Dr Fabien Touzot : « En utilisant les cellules souches de l’enfant, on s’affranchit des réactions d’incompatibilité qui vont freiner le développement du système immunitaire. »

 

La croissance plus rapide du système immunitaire favorise la guérison des infections opportunistes : elles durent en moyenne 11 mois pour la thérapie génique, contre 25,5 mois dans l’autre groupe. La première approche réduit donc le nombre d’hospitalisations liées aux infections, ainsi que le nombre d’infections recensées.

Aux yeux des chercheurs, ces travaux confirment la supériorité de la thérapie génique en cas d’absence de donneur totalement compatible. « Le sujet de cet article, c’est de montrer qu’à l’heure actuelle, si on n’a pas de donneur HLA identique, le traitement le plus efficace est la thérapie génique, estime le Dr Fabien Touzot. C’est probablement celui qu’il faut proposer en première intention chez ces patients. »

 

Ecoutez...
Dr Fabien Touzot : « L’étape d’après, c’est de développer ce traitement sous forme de médicament cellulaire et de le proposer au plus grand nombre. »

 

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