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QUESTION D'ACTU

Bug mortel à l’hôpital


  • Publié 10.07.2013 à 10h14
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Les défaillances informatiques peuvent avoir des conséquences dramatiques. Parfois même mortelles, comme le montre l’histoire de Lydia Cohen, une femme de 72 ans, décédée en novembre 2011 d’une allergie médicamenteuse, à l’hôpital André Mignot de Versailles. C’est le Parisien qui révèle cette affaire et qui s’est procuré le rapport de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI) des accidents médicaux d' Ile-de-France. « La prescription d'amoxicilline faite par le médecin et exécutée par l'infirmière n'a pas tenu compte de l'information d'allergie à ce médicament » de la patiente, écrivent les experts médicaux. « Celle-ci était bien notée dans le dossier médical, mais elle n'apparaît pas dans le système informatique qui est le moyen de prescription des traitements ».


Mais, comme le soulignent les journalistes Marc Payet et Sébastien Ramnoux, ce rapport d’expertise montre que le drame de cette patiente n’est sans doute pas isolé. Ce type de défaillance des logiciels d’aide à la prescription constituerait une vraie menace puisque, comme le soulignent les experts de la CRCI, « ces systèmes, en place dans de nombreux établissements n’assurent pas une sécurité fine, en particulier dans le domaine des éventuelles allergies ». Depuis 2012, l’Agence nationale de sécurité du médicament aurait reçu plusieurs dizaines de signalements de dysfonctionnement sur ces logiciels.


Pour Alain-Michel Cerretti, fondateur de l'association Le Lien interrogé dans les colonnes du Parisien, « il faut que la ministre de la Santé interdise les logiciels qui dysfonctionnent. C’est impératif, sinon, on va vers un nouveau scandale sanitaire ». Pour autant, pas question de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ces logiciels d’aide à la prescription, conçus pour éviter les erreurs de prescription et notamment les ordonnances illisibles, présentent un intérêt. Mais, ils ont sans doute été mis sur le marché un peu rapidement, après l’affaire Médiator et la volonté de réformer profondément notre système de santé. « Ces logiciels, qui devaient être certifiés, ne le seront qu’en 2015 par la Haute autorité de santé », souligne le Parisien. Les éditeurs de logiciels se défendent d’ailleurs en indiquant que « ces outils ont contribué à sauver des vies. Encore faut-il savoir s’en servir, être bien formé et bien le contrôler ». Autrement dit, surveiller les médicaments est nécessaire, mais pas suffisant. Il faut aussi surveiller les logiciels qui permettent de les prescrire.  

 

 

 

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