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Immunothérapie

Cancer de la vessie : les patients confrontés à une pénurie de traitements

La Belgique sonne l’alarme sur la pénurie de certains traitements contre le cancer de la vessie. La France est aussi concernée. A l’origine des problèmes industriels depuis près de trois ans.

Cancer de la vessie : les patients confrontés à une pénurie de traitements GILE MICHEL/SIPA

  • Publié 18.02.2015 à 17h00
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Certains patients atteints d’un cancer de la vessie ne parviennent plus à se traiter. Selon la presse belge, le traitement, qui est en rupture de stock, est basé sur le vaccin BCG. Mais pas celui qui sert habituellement à se protéger contre la tuberculose. Il s'agit de celui qui est utilisé dans certains cas de cancer de la vessie en immunothérapie. Administrées à plusieurs reprises au niveau de la vessie après avoir retiré la tumeur, les bactéries peu virulentes du vaccin stimulent les réactions immunitaires pour détruire les cellules cancéreuses. Les vaccins BCG contre le cancer de la vessie présentent des souches Mycobacterium bovis comme dans les vaccins BCG contre la tuberculose, mais pas du même type et pas en même quantité.


Plainte d'une association belge

Selon l’association belge de consommateur Test Achats, le vaccin BCG contre le cancer de la vessie est commercialisé en Belgique par deux sociétés Organon (OncoTICE) et Lamepro (BCG-Medac). « Organon connaît des problèmes de production, tandis que Lamepro n’est pas en mesure de suivre la demande accrue générée par la pénurie d’OncoTICE », explique-t-elle. L’association déplore l’inaction de l’agence belge du médicament (AFMPS), qui « est certes au courant de la pénurie mais ignore quand une solution sera trouvée ». « Les pouvoirs publics estiment également qu’il n’est pas utile d’informer les associations de médecins afin que des solutions puissent être trouvées. Un monde de différence avec plusieurs autres pays ! », ajoute Test Achats.


La France, tout comme la Belgique et d’autres pays, est touchée par cette pénurie de vaccin BCG contre le cancer de la vessie. Le problème remonte à mai 2012, avec une rupture de stock d’Immucyst suite à des problèmes industriels dans l'usine de Toronto (Canada) de Sanofi-Pasteur. OncoTICE a alors fait l’objet d’une autorisation d’importation en France depuis octobre 2012 pour compenser l’indisponibilité d’Immucyst. Mais OncoTICE et une autre spécialité disponible BCG-Medac rencontraient aussi des difficultés temporaires d’approvisionnement en France, selon un point de l'ANSM remontant à la mi-novembre 2014.


Des recommandations françaises

L’ANSM et l’Association française d’urologie (AFU) ont formulé des recommandations temporaires pour faire face à la disponibilité en quantités très limitées du vaccin BCG contre le cancer de la vessie. Dans ce type de situation, le vaccin ne doit ainsi plus être administré en cas de risque intermédiaire de cancer de la vessie. Il doit être réservé pour les risques élevés. Mais de manière limitée. Ainsi par exemple il ne doit plus être utilisé en traitement d’entretien.


L'ANSM a indiqué mercredi à pourquoidocteur qu'on était toujours dans la même situation de contingentement des vaccins BCG contre le cancer de la vessie qu'à la mi-novembre et qu'à la mi-décembre 2014 et que la situation devrait redevenir normale au second semestre. Il a fallu du temps à Sanofi-Pasteur de faire des travaux de remise aux normes dans son usine de Toronto (Canada). Une inspection avait relevé des écarts et la production du vaccin avait dû être arrêtée.


Hasard de calendrier, l’agence a mis en garde mardi contre un risque de rupture de stock pour le vaccin BCG-SSI (Sanofi-Pasteur MSD) cette fois-ci contre la tuberculose.

 

Le cancer de la vessie occupe en France la 5ème place en termes d’incidence avec près de 12 000 nouveaux cas en 2012 et la 7ème place pour les décès tous cancers confondus. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme et l’exposition professionnelle à des carcinogènes chimiques. Les hommes sont plus touchés que les femmes : quatre hommes pour une femme. L’âge moyen de diagnostic est de 70 ans. Dans 80% des cas, il s’agit de tumeurs non infiltrantes.

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