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QUESTION D'ACTU

Dans le British medical journal

Les chercheurs accusés d'embellir les résultats de leurs études

Une nouvelle étude parue dans le BMJ montre que les universités ont souvent tendance à rédiger des communiqués de presse qui exagèrent les résultats des études qu'ils promeuvent.

Les chercheurs accusés d'embellir les résultats de leurs études PURESTOCK/SIPA

  • Publié 11.12.2014 à 08h04
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La mission d'information du journaliste n'est pas anodine quand il est question de santé. La promotion de résultats encourageants ou au contraire particulièrement négatifs peut avoir un grand impact sur la vie des lecteurs. Malheureusement, il n'est pas rare que les articles de presse amplifient les résultats d'études scientifiques... Mais attendez, ne jetez pas (tout de suite) l'opprobre sur les journalstes ! Une étude parue dans le British Medical Journal (BMJ) montre en effet que les erreurs et autres exagérations proviennent en majorité des communiqués de presse produits ou approuvés par les chercheurs à l'origine de l'étude.

Menée par des chercheurs de l'Université de Cardiff (Pays de Galles), l'étude montre que 40% des communiqués de presse des universités contiennent des conseils excessifs, 33% des liens de causalité exagérés et 36% ont tendance à extrapoler abusivement à l'homme les résultats de travaux menés sur des animaux. A l'opposé, lorsque les communiqués sont fidèles aux travaux, les chercheurs montrent que seulement 17% des articles de presse contiennent des conseils excessifs, 18% des liens de cause à effet erronés et 10% des extrapolations de l'animal à l'homme. La faute est donc nettement du côté des chercheurs eux-mêmes !

Les scientifiques, premiers responsables

Cela ne veut pourtant pas dire que la crédibilité des journalistes n'est pas entamée. En effet, lorsque les communiqués exagèrent les résultats des études, il y a de très forts risques que les articles de presse contiennent ces mêmes exagérations... Les journalistes ne vérifient donc pas assez leurs sources.

Cependant, le problème ne se situe en fait pas uniquement du côté du communiqué ou de l'article de presse. Le docteur Amélie Yavchitz avait écrit un article paru en 2012 dans PLOS Medicine, dans lequel elle montrait que la cause de ces exagérations était à chercher du côté des scientifiques qui réalisent les études.

Ecoutez Amélie Yavchitz, médecin anesthésiste et chercheuse à l'Inserm : « Beaucoup de choses qui étaient exagérées dans le communiqué de presse ou dans l’article de presse provenaient, dans une grande partie des cas, de l’article scientifique. »



Pour elle, cette exagération a deux sources : tout d'abord « une méconnaissance des chercheurs pour interpréter un résultat », explique le docteur Yavchitz, ce qui peut entraîner des biais méthodologiques et donc des erreurs dans leurs conclusions. Elle juge qu'il y a aussi à prendre en compte « l'enthousiasme des auteurs » pour des études qui ont pris « beaucoup de temps, beaucoup d'argent, auxquelles ils croient eux-mêmes ». Des chercheurs qui peuvent donc céder à la tentation d'amplifier leurs résultats car « un résultat positif va être plus médiatisé, il aura plus d'impact sur la vie de la recherche et la carrière de l'auteur ».

Ecoutez Amélie Yavchitz : « Quand on lit un article, il faut rester très critique, regarder les résultats bruts, la méthode, avoir un œil rigoureux. [Dans la presse] tout n’est pas vrai, donc il faut souvent prendre les résultats avec des pincettes. »



Conclusion : le médecin conseille aux médecins et aux journalistes (mais aussi aux lecteurs passionnés par les études scientifiques) de ne pas se limiter à la lecture du résumé, ou même de la conclusion, mais bien de lire les études dans leur intégralité.

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