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Etude de l'INED

IVG dans le monde : moins nombreuses mais souvent à risque

Les avortements non sécurisés représentent encore près de la moitié des IVG dans le monde. Pourtant, la mortalité liée à ces avortements a baissé.  

IVG dans le monde : moins nombreuses mais souvent à risque BERMAN NINA/SIPA

  • Publié 09.07.2014 à 08h00
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Moins d’avortements dans le monde, mais qui se font encore beaucoup dans l’illégalité. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Entre 1995 et 2008, le nombre d’avortements est passé de 35 par an pour     1 000 femmes à 28 pour 1 000. En fait, le taux a baissé jusqu’en 2003, pour rester stable ensuite. « Cette stagnation s’explique probablement par un relâchement des efforts dans le domaine de la planification familiale dans les pays en développement », explique l’Ined.
De plus, la proportion d’avortements non sécurisés, c’est-à-dire selon l’Organisation mondiale de la santé, « pratiqués par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales, ou les deux », n’a pas baissé et représente encore près de la moitié des IVG.

La mortalité maternelle en baisse
De façon paradoxale, et c’est une bonne nouvelle, la mortalité liée à l’avortement a diminué depuis 20 ans, passant de 60 décès maternels pour 100 000 naissances en 1990 à 40 décès en 2008. La baisse a été particulièrement marquée en Amérique latine alors que l’avortement y reste pourtant fermement condamné. « Cette évolution est liée en partie à la diffusion de l’avortement médicamenteux dans les pays où il reste illégal,soulgnel’Ined. Et également à une amélioration générale de la prise en charge des problèmes de santé maternelle ».
L’avortement médicamenteux nécessite la prise de deux produits : la Mifépristone, qui reste chère et n’est autorisée à la vente que dans un nombre restreint de pays, et le Misoprostol, peu coûteux, facile à obtenir et autorisé dans de nombreux pays. Cependant, le deuxième produit peut suffire à lui seul à provoquer une interruption de grossesse, à condition que la posologie soit respectée. Dans de nombreux pays d’Amérique latine, des numéros gratuits et des sites internet ont permis de guider la prise privée de Misoprostol, et ont favorisé l’accès à des avortements plus sécurisés. En revanche, l’Afrique se démarque par une proportion de décès dus à l’avortement très élevée par rapport aux autres régions. « Ces chiffres alarmants s’expliquent par la pauvreté qui caractérise ce continent, et son corollaire, des systèmes de santé peu performants », note l’Ined.

Evolution des pratiques en d’Europe de l’Est

Enfin, le taux d’avortement a baissé rapidement dans les pays développés, passant de 39 pour 1 000 à 24 pour 1 000 entre 1995 et 2008. Cette diminution vient principalement de l’évolution des pratiques dans les pays d’Europe de l’Est. Jusque dans les années 80, l’interruption de grossesse y était l’une des principales méthodes de régulation des naissances. Après la dissolution de l’URSS, les méthodes de contraception y on été introduites et diffusées. Le recours à l’avortement a ainsi fortement chuté.

En France, après une période de stabilisation d’environ 10 ans, une hausse du nombre d’IVG de près de 5% a été constatée en 2013, selon la Direction des études statistiques du ministère de la santé (DREES). Cette augmentation s’expliquerait notamment par la gratuité de l’IVG depuis fin mars 2013, et par le débat autour des pilules de 3ème et 4ème génération.

 

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