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Environnement

La pollution urbaine n’épargne personne : 180 000 morts dans des villes tropicales

Sur les quatorze dernières années, la pollution de l’air dans les villes tropicales aurait entraîné 180 000 décès précoces, c’est-à-dire considérés comme évitables par les scientifiques. 

La pollution urbaine n’épargne personne : 180 000 morts dans des villes tropicales kodda/istock


  • Publié le 11.04.2022 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • Il est recommandé d’aérer son logement pendant au moins 10 minutes chaque jour pour éviter la concentration de composés organiques volatiles en intérieur.
  • Lors des pics de pollution en ville, il est préférable de limiter les efforts physiques, privilégier les transports en commun, éviter les sorties l’après-midi quand la chaleur est au maximum.

14% d’augmentation pour le dioxyde d'azote, jusqu’à 8% pour les particules fines ou encore 11% pour les composés organiques volatiles… La liste fait peur. Il s’agit de l’évolution de la quantité des polluants directement dangereux pour la santé dans les villes tropicales sur les quatorze dernières années. Celle-ci est consultable dans l’étude récemment publiée dans la revue Science Advances D’après les chercheurs, sur cette période, la pollution atmosphérique serait à l’origine de 180 000 décès précoces, c’est-à-dire jugés évitables. 

La pollution liée au défrichement et l’élimination des déchets

Dans le détail, les scientifiques ont étudié les principales villes - 46 au total - d’Afrique, du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud et du Sud-Est. Ainsi, ils estiment que c’est surtout l’augmentation très rapide de la pollution dans ces zones qui explique cette forte mortalité. Selon eux, plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : les émissions de l’industrie, du trafic routier mais aussi le traitement et la combustion des déchets dans les pays tropicaux.  

La combustion à ciel ouvert pour le défrichement et l'élimination des déchets agricoles pratiquée auparavant dans les villes tropicales expliquent l’actuelle pollution de l'air, souligne Karn Vohra, l’un des auteurs. Notre analyse suggère que nous entrons dans une nouvelle ère de la pollution atmosphérique dans ces villes, certaines connaissent des chutes de la qualité de l’air en un an que d'autres villes subissent en une décennie".

En 14 ans, les habitants jusqu’à 4 fois plus exposés aux polluants

Lors de leurs travaux, les chercheurs ont également estimé l’exposition de la population à la pollution atmosphérique. Selon eux, au cours de la période étudiée, les habitants ont été de 1,5 à 4 fois plus exposés au dioxyde d'azote dans 40 villes et aux particules fines dans 33 villes. Ils expliquent cette explosion par deux principaux facteurs : la croissance démographique très rapide et la forte détérioration de la qualité de l’air.

Autre enseignement de cette étude : l'augmentation du nombre de personnes décédées prématurément à cause de l'exposition à la pollution de l'air serait plus élevée dans les villes d'Asie du Sud, notamment au Bangladesh (24 000 personnes décédées) et en Inde (100 000 morts). 

L’Afrique, prochain continent impacté par l’augmentation de la population

Nous continuons à déplacer la pollution de l'air d'une région à l'autre, plutôt que d'apprendre des erreurs du passé et de veiller à ce que l'industrialisation rapide et le développement économique ne nuisent pas à la santé publique, explique Eloise Marais, l’une des auteures de l’étude. Espérons que nos résultats inciteront à une action préventive dans les pays tropicaux". En effet, les auteurs estiment que les prochaines villes qui seront les plus impactées par l'augmentation de la pollution de l’air se trouvent en Afrique. Selon eux, les conséquences sanitaires sur les populations africaines seront visibles d’ici quelques années.

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