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Infertilité : un recours aux traitements de plus en plus tardif

Si plus d'un an sans contraception passe sans qu'une grossesse ne se déclenche, il faut consulter rapidement des spécialistes de la fertilité. Une prise en charge trop tardive du problème conduit souvent à l'échec des traitements.

Infertilité : un recours aux traitements de plus en plus tardif nd3000 / istock.

  • Publié le 15.01.2021 à 16h00
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L'ESSENTIEL
  • Le recours au traitement de l’infertilité est de plus en plus tardif en France.
  • Cette augmentation des traitements de l’infertilité après 34 ans soulève d’importantes questions, car leur efficacité diminue fortement avec l'âge.

Au cours de la dernière décennie, le recours au traitement de l’infertilité est devenu de plus en plus tardif, selon une nouvelle étude française publiée par L’Ined. Plus concrètement, ce taux a augmenté de 24% chez les femmes de 34 ans ou plus.

En France, un couple sur quatre ne parvient pas à obtenir une grossesse après 12 mois d’essai. En utilisant les données de l’assurance maladie française qui sont aujourd’hui accessibles à la recherche, Khaoula Ben Messaoud, qui vient de soutenir sa thèse, Elise de La Rochebrochard, chercheure à l’Ined, et Jean Bouyer, épidémiologiste à l'Inserm, ont pu mesurer le recours annuel aux traitements de l’infertilité. Il s’agit de la première estimation au monde réalisée sur une vaste population et prenant en compte tous les traitements de l’infertilité. Entre 2008 et 2017, 1,25% des femmes de 20-49 ans étaient traitées pour infertilité chaque année (plus de 150 000 femmes).

Plus d’une femme sur cent traitée pour infertilité chaque année 

Plusieurs traitements médicaux existent pour aider les femmes à concevoir : induction de l’ovulation, procréation médicalement assistée (PMA) incluant l’insémination artificielle, et la fécondation in vitro avec ou sans Injection Intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). "Cette étude unique a été possible car tous les traitements de l’infertilité sont pris en charge en France par l’assurance maladie et sont donc enregistrés dans ses bases de gestion qui s’ouvrent désormais à la recherche", commentent les auteurs.

L’évolution du taux de recours aux traitements de l’infertilité en fonction de l’âge au cours de la dernière décennie en France permet d’observer deux tendances allant a priori en sens opposé. Chez les femmes jeunes, le recours est assez stable, bien que l’on observe une légère baisse, tandis que chez les femmes de 34 ans ou plus, on observe au contraire un bond de 24%. Ces deux tendances sont pourtant tout à fait cohérentes et reflètent l’une et l’autre le phénomène de parentalité de plus en plus tardive dans les pays développés, un mouvement qui s’est amorcé au début des années 1970.

Ainsi, les femmes jeunes essaient moins souvent d’avoir des enfants, mais l’effet sur le recours aux traitements de l’infertilité est faible car à ces âges, l’infertilité est moins fréquente. Au contraire, les femmes de plus de 34 ans essaient plus souvent d’avoir des enfants, et l’infertilité augmentant fortement à ces âges, cela entraîne la forte augmentation (24%) du recours aux traitements de l’infertilité. "Même en cas d’infertilité d’origine masculine, ce sont les femmes qui suivent des traitements", précisent par ailleurs les auteurs de l’étude.

Un enjeu important de santé publique

Cette augmentation des traitements de l’infertilité après 34 ans soulève d’importantes questions, car l'efficacité des traitements diminue fortement avec l'âge. "Le corps médical et les pouvoirs publics devraient prendre en compte cette tendance sociétale dans le temps long, afin d’accompagner au mieux ces couples", estiment les chercheurs.

"En développant un système de surveillance du recours aux traitements de l'infertilité, les politiques publiques de santé pourraient mieux orienter les stratégies nationales pour prévenir et prendre en charge l'infertilité, qui apparaît de plus en plus comme un problème de santé majeur à l’âge adulte", concluent-ils.

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