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Maternité

Chaque grossesse éloigne le spectre du cancer de l’endomètre

Le cancer de l’endomètre est le quatrième plus fréquent chez la femme, après celui du sein, du côlon et des poumons. Toutefois, chaque grossesse réduit de 15% le risque pour les mères de le développer une fois arrivée à la ménopause.

Chaque grossesse éloigne le spectre du cancer de l’endomètre iStocktocktocktockphoto.com/My world

  • Publié le 21.11.2020 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • La grossesse, menée à terme ou non, fait chuter le risque de développer à la ménopause un cancer de l'endomètre.
  • Chaque grossesse à terme représente chez les mères une baisse de 41% par rapport à celle qui n'ont pas eu d'enfants.
  • Chaque grossesse supplémentaire fait baisser le risque de 15%. Pour les grossesses qui ne vont pas à terme, le risque est réduit de 7%.

La grossesse a d’innombrables vertus, aussi bien pour la mère que pour l’enfant. L’Institut de recherche médicale de Queensland (Australie) a démontré que chaque grossesse d’une femme, y compris celles entraînant une fausse couche, peut contribuer à réduire le risque de développer un cancer de l’endomètre. Les résultats ont été publiés dans l’International Journal of Cancer.

Des effets bénéfiques même sur les grossesses incomplètes

Le cancer de l’endomètre est le plus fréquent de l’appareil reproducteur féminin et la quatrième cause de cancer chez la femme après le cancer du sein, du côlon et des poumons. Il touche généralement les femmes après la ménopause, le diagnostic se faisant en moyenne vers 68 ans. Toutefois, les risques de développer un cancer de l’endomètre réduisent à chaque nouvel enfant. 

Il est bien connu qu'une grossesse à terme réduit le risque de développer un cancer de l'endomètre, mais nos recherches ont montré que non seulement chaque grossesse supplémentaire à terme réduit ce risque d'environ 15 %, mais la réduction se poursuit jusqu'à au moins huit grossesses”, développe Penelope Webb, directrice du département des cancers gynécologiques de l’Institut de recherche médicale de Queensland et autrice de l’étude.

Pour forger leur idée, les chercheuses ont examiné les données relatives à la grossesse dans 30 études différentes. En tout, elles comptabilisaient 16 986 femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre et 39 538 femmes qui n’ont jamais développé cette maladie. 

Les résultats indiquent que le fait d’avoir déjà mené une grossesse à terme était associé à une réduction de 41% du risque de cancer de l’endomètre par rapport au fait de n’avoir jamais eu de grossesse complète. Les bénéfices les plus importants surviennent lors du premier accouchement, mais chaque grossesse supplémentaire réduit le risque de cancer de 15%. Si la grossesse menée à terme est la plus importante en terme de bienfaits, celles stoppées à la suite d’un avortement ne sont pas en reste. 

Des bénéfices observables jusqu’à la huitième grossesse

Nous avons également montré clairement pour la première fois que les grossesses qui se terminent par une fausse couche réduisent également le risque de cancer de l'endomètre d'environ 7%, souligne Penelope Webb. Contrairement à de nombreux autres cancers, les taux de cancers de l'endomètre sont en augmentation. Il est donc essentiel que nous comprenions mieux les facteurs qui influent sur le risque d'une femme. Si les scientifiques peuvent comprendre les causes du cancer de l'endomètre, il y a de l'espoir que nous pourrons peut-être empêcher les femmes de développer ce type de cancer à l’avenir.”

De plus, les chercheurs ont constaté que les femmes qui n’avaient que des garçons ou qui avaient donné naissance à des filles et des garçons avaient un risque plus faible de développer un cancer de l’endomètre par rapport aux mères qui n’avaient eu que des filles. Notons toutefois que l’effet n’est pas forcément cumulatif puisque les naissances de jumeaux et les naissances multiples ne présentent pas d’avantages supplémentaires. Enfin, la réduction des risques de contracter le cancer de l’endomètre fonctionne pour toutes les femmes, indépendamment de l’âge de la dernière grossesse à terme. 

Selon les chercheuses, le niveau très élevé de progestérone au cours du dernier trimestre de grossesse reste une explication valable, mais ce n’est cependant pas la seule. “Même les grossesses qui se terminent au premier ou au deuxième trimestre semblent offrir une certaine protection aux femmes, indique Susan Jordan, professeure associée de santé publique de l’Institut de recherche médical de Queensland. Si les femmes qui font une fausse couche ont un risque de cancer de l'endomètre réduit de 7 à 9 %, les facteurs de grossesse précoce peuvent également jouer un rôle protecteur contre cette maladie. D'où la nécessité de poursuivre les recherches afin d'identifier d'autres facteurs qui sous-tendent cet effet protecteur.

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