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QUESTION D'ACTU

Lymphocytes T

Comment notre système immunitaire mémorise les virus déjà rencontrés

Pour que nous puissions acquérir une immunité contre une maladie, certains lymphocytes T se transforment et gardent en mémoire l’infection qu’ils viennent de combattre. Jusqu’à maintenant, on pensait que leur nombre dépendait de la virulence de la réponse immunitaire initiale. En réalité, ce n’est pas le cas. 

Comment notre système immunitaire mémorise les virus déjà rencontrés Design Cells/iStock

  • Publié le 04.11.2020 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • Les lymphocytes T mémoire sont l'encyclopédie des maladies rencontrées par notre corps.
  • La réponse immunitaire qu'ils déclenchent devant une nouvelle agression est beaucoup plus rapide qu'on ne le pensait.

Les lymphocytes T mémoire naissent plus tôt qu’on ne le pense. Des chercheurs de l’université technique de Munich (Allemagne) ont découvert que ces lymphocytes T mémoire, l’encyclopédie des infections que notre corps a combattues, apparaissent beaucoup plus tôt dans la réponse immunitaire. Les résultats ont été publiés le 26 octobre 202 dans la revue Nature immunology. 

Les lymphocytes T sont une catégorie de globules blancs. Ils interviennent dans notre immunité pour combattre des virus et bactéries. Une fois la menace disparue, la plupart des lymphocytes T meurent sous forme d’apoptose. Cependant, certaines d’entre eux survivent, et gardent en mémoire les ennemis qu’ils ont déjà rencontrés: ce sont les lymphocytes T mémoire. Etant donné qu’ils sont formés pour combattre des infections qui ont déjà attaqué le corps, les lymphocytes T mémoire sont capables de réagir plus rapidement et plus efficacement que les autres. 

Une arrivée précoce

“Selon l'opinion scientifique dominante, les lymphocytes T activés deviennent d'abord des cellules effectrices et ensuite seulement se développent progressivement en cellules mémoires, explique Veit Buchholz, docteur spécialisé en microbiologie et en immunologie à l’université technique de Munich. Selon nous, cependant, ce n'est pas le cas. Cela signifierait que plus les cellules effectrices sont formées après le contact avec l'agent pathogène, plus les cellules mémoires seraient nombreuses.

Pour étayer leur hypothèse, les chercheurs ont étudié les réponses immunitaires antivirales des cellules T activées chez des souris. Ils ont pu retracer le chemin utilisé par ces cellules avant qu’elles ne deviennent des lymphocytes T mémoire. 

Sur la base de ces expériences, nous avons pu montrer que certaines familles de lymphocytes T descendantes de cellules individuelles forment jusqu'à 1000 fois plus de ‘mémoire’ que d’autres, assure Simon Grassmann, premier auteur de l’étude. Cependant, ces familles de lymphocytes T dominantes à long terme n'ont que peu contribué à l'ampleur de la réponse immunitaire initiale, qui était dominée par des cellules effectrices dérivées d'autres familles de lymphocytes T à plus courte durée de vie.”

Une avancée pour assurer plus rapidement l’efficacité de futurs vaccins

Pour les chercheurs, il est évident que le développement des cellules effectives et des cellules mémoire se fait à un stade beaucoup plus avancé qu’on ne le pensait. “Dès la première semaine après la confrontation avec l'agent pathogène, nous avons constaté des différences majeures dans les transcriptomes des familles de lymphocytes T détectées, indique Lorenz Mihatsch, qui travaille également sur l’étude. Normalement, à ce moment de la réponse immunitaire, les lymphocytes T CD8+ sont enrichis en molécules qui aident à tuer les cellules infectées par le virus. Cependant, nous n'avons trouvé aucune indication de ces molécules cytolytiques dans les familles de lymphocytes T dominantes à long terme. Au lieu de cela, elles étaient déjà exclusivement orientées vers le développement de la mémoire à ce stade précoce.”

A la lumière de ces résultats, cette recherche pourrait améliorer le développement de vaccins, notamment pour déterminer plus rapidement si un vaccin sera efficace ou non. 

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