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La santé en vacances

Régime alimentaire : “Essayer le jeûne intermittent m'a donné envie d'accepter mon corps tel qu'il est”

Mathilde, téléopératrice à Madrid, a tenté le jeûne intermittent une semaine avant le début du déconfinement en Espagne. Après un mois et demi à se priver de manger pendant 16 heures par jour, la jeune femme de 26 ans a réalisé que ce régime ne lui convenait pas. Elle témoigne.

Régime alimentaire : “Essayer le jeûne intermittent m'a donné envie d'accepter mon corps tel qu'il est” Artjazz/iStock

  • Publié le 16.07.2020 à 12h00
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“Je vis à Madrid depuis deux ans. J'y ai d'abord fait mon stage de fin de master en ressources humaines, puis j'ai décidé de rester dans la ville même si je n'ai pas été embauchée par mon entreprise comme j'aurais dû l'être. Pour l'instant, comme je n'ai rien trouvé dans mon secteur d'activité, je suis téléopératrice. En Espagne, le confinement a commencé un peu plus tôt qu'en France, le 14 mars. Je l'ai bien vécu, jusqu'à ce que sa levée à Madrid soit repoussée d'une semaine, au 25 mai.

Une dizaine de jours avant le début du déconfinement, je me suis rendu compte que j'avais grossi : je ne pouvais plus rentrer dans certains de mes vêtements. Ça m'a un peu déprimée, donc, pour perdre du poids, je me suis dit que j'allais commencer le jeûne intermittent. Vu que je dormais 12 heures par jour parce que je ne travaillais pas, je me suis dit que c'était le bon moment pour tenter l'expérience. En plus, ce n'est pas comme si j'avais besoin de beaucoup d'énergie pour aller de mon lit au canapé.

C'était assez dur de résister quand je voyais mes collègues grignoter à 11h30

Le principe est de ne pas manger pendant 16 heures, puis de manger autant qu'on le souhaite durant 8 heures, tant que c'est équilibré. L'idéal est que la période de jeûne dure de 21h30 à 13h30 pour que le corps puise dans ses propres graisses et forces toute la matinée. Le problème, c'est que j'ai repris le travail le 1er juin et que je commençais à avoir faim dès 11 heures.

C'était assez dur de résister quand je voyais mes collègues grignoter à 11h30 : j'ai tenu quelque temps mais, à un moment, j'ai réalisé que je somnolais sans raison dans la journée. Je me suis dit que mon corps avait besoin de manger, donc je me rabattais sur des aliments gras autour de moi, comme des pâtisseries à la crème de la boulangerie voisine. 

Ce n'était pas du tout adapté pour moi

Pour me réguler, j'ai téléchargé une application qui permet de calculer le nombre de kilocalories que l'on ingère. J'ai pu voir que même si j'avais beau manger des aliments gras, je restais dans la fourchette de kilocalories dont j'avais besoin pour ne pas prendre trop de poids. Puis, en parallèle, j'allais au travail et j'en revenais en vélo électrique : comme il y a beaucoup de pentes à Madrid, l'excédent de nourriture que j'ingurgitais était compensé par l'énergie que je dépensais en pédalant.

Malgré tout, je me suis rendu compte que c'était stupide de faire un jeûne intermittent si c'était pour compenser en mangeant mal : j'ai fini par arrêter au début du mois de juillet car ce n'était pas du tout adapté pour moi. D'autant que ça n'a pas vraiment eu d'effet sur mon corps. Quand je me suis mise en maillot de bain à la fin du mois de juin, j'ai constaté qu'il me serrait horriblement alors qu'il m'allait comme un gant en septembre.

Il faudrait d'abord que j'arrive à trouver mon équilibre alimentaire

Je pense éventuellement retenter l'expérience, mais pas dans l'immédiat. Cet été, j'ai prévu de passer du temps avec mes parents et je sais qu'avec eux je vais très bien manger. De la même manière, je vais partir avec des copines d'ici la fin du mois d'août ; c'est peu propice à ce genre de régime. Surtout, il faudrait d'abord que j'arrive à trouver mon équilibre alimentaire.

J'ai une digestion très rapide : comme mon estomac se remplit vite, deux cacahuètes suffisent à me caler, mais, au bout de deux heures, j'ai de nouveau faim. J'aimerais pouvoir gérer ce mode de fonctionnement, en trouvant des aliments qui peuvent se grignoter mais qui ne sont pas trop mauvais pour la santé, ou en faisant des gros repas, par exemple. J'ai pensé à aller voir une nutritionniste mais cela représente un budget ; je ne pense pas que ça vaille le coup car je ne suis pas non plus obèse.

On me dit que je suis jolie même si j'ai du bidon

Au final, le jeûne intermittent ne m'a pas du tout donné envie de faire d'autres expériences alimentaires, comme le véganisme ou le végétarisme par exemple, car j'adore trop le saucisson pour pouvoir m'en passer. Puis, j'en ai parlé avec d'autres copines complexées par quelques kilos en trop et le constat est le même : elles aussi se sont installées en Espagne récemment et voient une grosse différence entre ici et la France.

En France, tout le monde est obsédé par l'idée du ventre plat et de la taille de guêpe, alors que le fait d'avoir des formes, comme un petit bidon, de la poitrine, ou des grosses fesses, est très bien vu dans d'autres pays. C'est dommage car en réalité, les formes sont associées à la bonne santé. Par exemple, l'autre jour dans les rues de Madrid, j'ai vu une fille très pulpeuse qui mettait des habits clairement trop petits pour elles afin que ses formes se voient, et ça lui allait très bien. 

Essayer le jeûne intermittent m'a donné envie d'accepter mon corps tel qu'il est. Quand on est complexé, il n'y a que nous qui le voyons : les autres ne nous perçoivent pas comme ça. Je me suis rendu compte que je n'étais pas du tout rejetée : on me dit que je suis jolie même si j'ai du bidon. En partant de ce principe, je ne devrais pas complexer dessus.”

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