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Constat alarmant

Distilbène : nombre élevé de naissances sans utérus chez les petites-filles des femmes traitées

Un nombre anormalement élevé de naissances avec une absence totale ou partielle d'utérus a été observée chez les petites-filles nées de femmes traitées par Distilbène entre 1950 et 1977.

Distilbène : nombre élevé de naissances sans utérus chez les petites-filles des femmes traitées Kyryl Gorlov /istock

  • Publié le 30.01.2020 à 16h30
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Le Distilbène (DES) était prescrit aux femmes enceintes pour limiter les risques de fausse couche entre 1950 et 1977. Jugé par la suite inefficace et dangereux, notamment du fait qu'il pouvait traverser le placenta et être néfaste pour le bébé in-utero, il a été proscrit en 1977, comme ce fut le cas aux Etats-Unis dès 1970 et en Angleterre en 1974. 

200 000 femmes enceintes traitées

Un lien entre son usage et l’apparition de cancers rares chez des filles issues de ces grossesses a été établi. Au total en France, 200 000 femmes enceintes ont été traitées avec cet œstrogène de synthèse et 160 000 bébés ont été exposés. Chez les petits garçons, des problèmes d'infertilité et des malformations congénitales ont été observés. Chez les filles, que l'on surnomme "les filles D.E.S", le taux d'accouchement à terme est de 50%, contre 85% chez les autres. 

Elles sont les principales victimes du Distilbène, souligne la Ligue contre le Cancer : "Elles sont à risque plus élevé d’anomalies du col, de l’utérus et des trompes, pouvant favoriser la stérilité ou les accidents de grossesse. Elles sont également plus susceptibles de présenter un état précancéreux du col de l’utérus (une dysplasie) qui peut, en l’absence de prise en charge, évoluer vers un cancer et/ou un cancer particulier du col de l’utérus ou du vagin appelé 'adénome à cellules claires' (ACC), pathologie heureusement très rare".

La troisième génération également impactée 

Mais une récente étude révélée par Le Parisienmenée par l'association DES France et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) confirme également les risques sur la troisième génération de ces femmes : sur 759 petites-filles de femmes traitées, le nombre de cas du syndrome de Rokitansky s'est révélé anormalement élevé, soit trois pour 4500, contre normalement, un pour 4500. Cette triste tendance s'explique par le fait que ces jeunes femmes sont nées avec une absence totale ou partielle d'utérus. 

Si les répercussions de ce traitement sur les filles des femmes traitées étaient connues, il est inquiétant de constater que le médicament influe également sur la santé de leurs petites-filles. "C'est un signal qui mérite d'être creusé", a déclaré Anne Wautier, l'une des gynécologues ayant participé à l'étude.

En 2016, le tribunal de grande instance de Nanterre avait reconnu l’existence d’un lien de causalité entre le polyhandicap du fils de Sylvie Le Cossec et la prise de Distilbène de sa mère dans les années 1970. Le laboratoire UCB Pharma, qui commercialisait ce médicament jusqu’en 1977, a dû verser plus d’un demi-million d’euros à la famille.

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