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QUESTION D'ACTU

Déclin cognitif et cérébral

Avoir un “gros cerveau” n’est pas synonyme de meilleure mémoire

Une nouvelle étude montre que les personnes âgées ayant un hippocampe plus grand n’ont pas nécessairement de plus grandes capacités d’apprentissage et de mémoire.

Avoir un “gros cerveau” n’est pas synonyme de meilleure mémoire metamorworks/iStock

  • Publié le 20.01.2020 à 16h30
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Pendant longtemps, les chercheurs ont pensé qu’avoir un cerveau “plus gros”, et notamment un plus grand hippocampe, prédisposait à une meilleure mémoire et à de plus grandes capacités d’apprentissage. Ils se basaient notamment sur différents travaux qui avaient démontré que l’hippocampe, c’est-à-dire la zone du cerveau impliquée dans le processus de mémoire, s’atrophiait avec l’âge, et en particulier chez les personnes atteintes de troubles cognitifs légers ou de la maladie d’Alzheimer.

Cependant, en 2004, une recherche a démontré que la taille de l’hippocampe n’a pas toujours d’effet sur la mémoire chez les personnes âgées. Dans la revue Cerebral Cortex, une nouvelle étude de la Michigan State University (MSU) explique enfin pourquoi. Selon ses auteurs, la taille ou le volume de l'hippocampe n'est qu'un marqueur significatif de l'apprentissage chez les personnes âgées dont la substance blanche limbique — le circuit neural qui relie l'hippocampe au reste du cerveau — est plus intacte.

“Nos résultats soulignent la nécessité de mesurer non seulement la taille de l'hippocampe, mais aussi son degré de connexion avec le reste du cerveau lorsque nous recherchons des marqueurs physiques du déclin de la mémoire chez les personnes âgées”, explique Andrew Bender, professeur adjoint d'épidémiologie et de biostatistique, de neurologie et d'ophtalmologie au collège de médecine humaine de la MSU et auteur principal de l'étude.

La structure de la substance blanche est tout aussi importante

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé chez 330 adultes âgés deux types différents de scintigraphies cérébrales par IRM : une qui évaluait la taille de l'hippocampe et une autre qui évaluait les circuits de la substance blanche qui relient l'hippocampe aux autres régions du cerveau participant à l'apprentissage.

Les volontaires ont aussi passé différents tests d’apprentissage et de mémoire, dont les résultats ont ensuite été comparés à la taille de leur hippocampe et à la structure de la substance blanche. Les chercheurs ont alors constaté que l'apprentissage plus rapide ne se retrouvait que chez les adultes plus âgés qui avaient à la fois un hippocampe plus grand et un circuit de la substance blanche plus uniforme le reliant à d'autres parties du cerveau.

Pour les auteurs de l’étude, ces résultats montrent que plus que la taille de l’hippocampe, c’est l’étude systémique des “changements liés à l'âge dans l'apprentissage et la mémoire” qui est pertinente pour comprendre le déclin cérébral et cognitif. Ils comptent désormais réaliser auprès des mêmes volontaires d’autres scanners du cerveau et des tests de mémoire et ce, deux à trois ans après leur première visite. “En suivant les mêmes personnes dans le temps, nous pourrons voir s'il y a réellement un changement dans la structure du cerveau des personnes âgées et si cela est lié à des déclins observables dans l'apprentissage et la mémoire”, conclut Andrew Bender.

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