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Professions à risque

Maladies cardiovasculaires : quels sont les métiers les plus à risque pour les femmes ?

Les femmes ménopausées travaillant dans le secteur du social seraient plus susceptibles de développer des problèmes de santé cardiaque que les autres. Les caissières seraient elles aussi particulièrement vulnérables. 

Maladies cardiovasculaires : quels sont les métiers les plus à risque pour les femmes ? Nensuria/iStock

  • Publié 15.11.2019 à 15h00
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Dans le monde, en 2012 près de 17,7 millions de personnes sont mortes de maladies cardio-vasculaires chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Soit 31% de la mortalité totale de l’espèce humaine. Parmi les facteurs de risques : l’âge, le surpoids, la sédentarité, l’alcool ou encore l’hypertension. Cette dernière étant souvent liée au stress, il semble logique que la profession d’un individu puisse avoir une influence sur sa santé cardiovasculaire. Et étant donné la prévalence des maladies cardiaques chez les femmes ménopausées, des chercheurs américains ont voulu comprendre quelles professions présentaient les plus gros risques cardiaques pour cette tranche de la population. D’après leur étude, qui sera présentée lors des séances scientifiques de l'American Heart Association (AHA) qui auront lieu à Philadelphie aux Etats-Unis du 16 au 18 novembre, les femmes travaillant dans le domaine du social seraient les plus vulnérables.

Bede Nriagu et ses collègues de l'université Drexel de Philadelphie ont examiné les liens possibles entre l’état de santé cardiaque et la profession de 65 000 femmes âgées en moyenne de 63 ans et déjà ménopausées. Pour leur étude, les chercheurs ont pris en compte des mesures de santé cardiovasculaires définies par l’AHA comme le tabagisme, le poids, l’activité physique ou encore l’alimentation. Ils ont incorporé dans leurs travaux des facteurs de risque comme le cholestérol, la tension artérielle et la glycémie, ainsi que des facteurs confusionnels tels que l’âge, l’état matrimonial ou encore le niveau d’éducation des participantes. Après quoi, ils se sont penchés sur les 20 professions les plus courantes de ces dernières.   

Résultat des observations : près de 13% des femmes suivies étaient en mauvaise santé cardiovasculaire. Les chercheurs ont par ailleurs trouvé un lien entre des emplois spécifiques et un risque accru de problème de santé cardiaque chez ces personnes. Dans le détail, les femmes employées dans le secteur du social étaient 36% plus susceptibles de développer des problèmes cardiaques. Arrivaient ensuite les caissières, avec 33% de risques en plus.

Les médecins devraient prendre en compte la profession de leurs patients 

Sans surprise, les femmes travaillant dans le secteur de la santé (infirmières, les psychiatres et les aides-soignantes à domicile) étaient elles-aussi particulièrement exposées aux risques de problèmes cardiaques avec 16% de risque en plus.

“Plusieurs des professions qui présentaient un risque élevé de mauvaise santé cardiovasculaire étaient des fournisseurs de soins de santé, comme les infirmières et les aides-soignantes à domicile. C'est surprenant parce que ces femmes connaissent probablement mieux les facteurs de risque en santé cardiovasculaire”, note Mme Bede Nriagu. Pour les chercheurs, cela veut dire qu’il est “important de regarder au-delà des facteurs individuels, comme les connaissances en matière de santé, pour mieux comprendre le contexte des soins de santé et des autres emplois qui ont un impact négatif sur la santé cardiovasculaire des femmes.”

En revanche, il semblerait que les femmes courtiers et agents immobiliers présentent un risque moindre de maladies cardiovasculaires (-24% par rapport aux autres professions), tout comme les adjointes administratives (-11%). 

A terme, les scientifiques espèrent donc que les résultats de leur étude pousseront les médecins à tenir compte des professions de leurs patients quand ils évalueront leurs éventuels risques de problèmes cardiovasculaires.

Les secteurs l’hôtellerie-restauration et de la construction globalement à risque

Le rôle des métiers sur la santé est régulièrement étudié par les chercheurs. En France, selon une étude de l’Institut national de veille sanitaire parue en 2018, les personnes travaillant dans le secteur de la construction ou de l’hôtellerie-restauration sont les plus susceptibles de mourir jeunes. Les intérimaires ont aussi 1,75 fois plus de risque de mortalité avant 65 ans que dans le reste de la population étudiée. 

En toute logique, les accidents (chutes, transports...) font plus de victimes dans les secteurs de la construction, du commerce, de la réparation automobile et des transports terrestres. Les cancers du système hématopoïétique touchent en particulier le secteur de la fabrication de produits minéraux non-métalliques. Les secteurs de la construction, des services auxiliaires, des transports et de l’hôtellerie-restauration sont quant à eux surtout concernés par le cancer du foie et des voies biliaires. Par ailleurs, d’après les chercheurs, on observe les taux de mortalité les plus élevés par cardiopathie ischémique (maladie coronarienne) dans les industries extractives (60/100 000), l’hôtellerie-restauration (45/100 000), l’immobilier et les services aux entreprises (44/100 000). 

Quant à la mortalité par maladie cérébrovasculaire (AVC, démence), elle est très importante dans l’hôtellerie-restauration (25/100 000), la construction (22/100 000) et le secteur de l’immobilier, location et services aux entreprises ainsi que l’industrie manufacturière (respectivement 19 et 18/100 000). Enfin, le secteur de la santé et de l’action sociale présente le taux de mortalité par suicide le plus élevé (34,3/100 000).

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