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QUESTION D'ACTU

Prix de l'inventeur européen

Nanomédicaments : le Français qui cible les tumeurs

Patrick Couvreur a reçu le prix de l'inventeur européen 2013. Ce pionnier des nanomédicaments a inventé des capsules révolutionnaires. La survie du cancer du foie est pratiquement doublé.

Nanomédicaments : le Français qui cible les tumeurs

  • Publié 30.05.2013 à 11h00
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S’attaquer aux cellules cancéreuses sans endommager les tissus sains, l’inventeur de la chimiothérapie en rêvait déjà en 1908. Ces « balles à tête chercheuse », comme il les appelait, ne sont autres que des nanomédicaments. L’un de ses inventeurs, le français d’origine belge Patrick Couvreur, vient de se voir décerner le prix de l’inventeur européen 2013, dans la catégorie Recherche. En fait, ses travaux ont commencé à la fin des années 70. Le principe est simple : il consiste à enfermer des médicaments à l'intérieur de minuscules capsules - 70 fois plus petites que les globules rouges – pour qu’elles traversent sans encombre la circulation sanguine et atteignent leur cible. Cette approche a un double avantage. Les médicaments présents dans les nanocapsules ne se dispersent pas immédiatement dans l’organisme. Ils libèrent leur charge que lorsque l'enveloppe extérieure a été dissoute. Ainsi, on limite les effets toxiques, et notamment ceux des anti-cancéreux qui sont très importants. Du coup, il est possible d’administrer des doses plus importantes de médicaments.


Mais, les nanoparticules inventées par Patrick Couvreur ne mesurent que 10 à 1 000 nanomètres. Elles ne contiennent donc que peu de médicaments. Pour améliorer ce moyen de transport high-tech, le biopharmacien a eu recours au squalène, un lipide présent naturellement dans l’organisme. Ce qui permet de multiplier par 50 la dose de médicaments transportés, autrement dit de passer d’un transporteur de la taille d’une Twingo à celui d’un semi-remorque ! Et c’est cette invention qui a valu ce prix européen à Patrick Couvreur.


Ecoutez Patrick Couvreur, biopharmacien et pionnier des nanotechnologies : "Le squalène a la particularité d'être très compacte. Donc, on a eu le l'idée de le coupler à des molécules anticancéreuses. Le pourcentage d'encapsulation est donc bien plus important".



L’invention de Patrick Couvreur a déjà fait ses preuves, et notamment dans le traitement du cancer du foie résistant. Pour éviter les effets secondaires sur le cœur de la doxorubicine, le médicament a été enfermé dans une nanocapsule. « Ainsi, le principe actif ne va pas du tout dans le tissu cardiaque, mais dans le tissu hépatique puisque l’on veut traiter l’hépatocarcinome résistant, explique Patrick Couvreur. Par conséquent, on augmente considérablement la tolérance, et donc on peut administrer des doses plus importantes, et donc être plus efficaces », conclue l’inventeur de l’année.


Ecoutez Patrick Couvreur : "Grâce aux nano-capsules, on a une survie, à 18 mois, des patients atteints d'hépatocarcinome qui est de presque 90% au lieu de 54% avec le traitement traditionnel".


Bien sûr, l’injection dans l’organisme de nanomédicaments est extrêmement encadrée. Tous les matériaux doivent être biodégradables et pour le vérifier, l’enveloppe de la nanocapsule est marquée avec une molécule radioactive. Ainsi, les chercheurs peuvent vérifier que tout le matériau est bien excrété dans un temps raisonnable.

Ces techniques, prometteuses dans le cancer, commencent à être expérimentées dans d’autres maladies. « Nos premiers tests dans le VIH ont été extrêmement encourageants et montrent que nos nanocapsules accroîtront aussi l'efficacité de l'administration des médicaments contre le VIH », explique Patrick Couvreur.

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