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QUESTION D'ACTU

Désensibilisation

Allergies: les nouveaux traitements améliorent l’observance

C’est le retour de la saison des pollens. Les allergiques qui se font désensibiliser le savent bien,ils ont déjà commencé leur traitement. Mais aujourd’hui, les piqures peuvent notamment être remplacées par des comprimés.

Allergies: les nouveaux traitements améliorent  l’observance CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

  • Publié le 19.04.2013 à 13h57
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Dans deux départements (Var et Vaucluse), le risque est considéré comme élevé.  Quant à l’ensemble du territoire, il est en état d’alerte… Il ne s’agit pas d’un bulletin météo, mais du dernier bulletin allergo-pollinique du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Les pollens de bouleau vont en effet arriver la semaine prochaine sur l’ensemble du territoire et avec eux, leur lot de symptômes pour les personnes souffrant d’allergies : rhinite, conjonctivite allergique, asthme… Plus de 20% de la population française souffrirait d’allergie respiratoire, rapporte le RNSA. Et les allergènes principaux sont les pollens et les acariens.

Il est possible de traiter les symptômes des allergies polliniques mais pour s’attaquer au problème en profondeur, il faut passer par la case désensibilisation. Également appelée immunothérapie allergénique, la désensibilisation est un traitement de fond qui implique un traitement au long cours des patients. Après la phase initiale pendant laquelle on administre progressivement les allergènes (la substance qui déclenche l’allergie), suit la phase d’entretien, dont la durée est de trois à cinq saisons consécutives.

 

Longtemps, la désensibilisation était uniquement réalisée par voie sous-cutanée, sous forme de piqures dans le bras des patients. Ils n’en gardent pas toujours un bon souvenir. « J’avais le bras rouge, qui enflait le soir de l’injection, et ce pendant deux à trois jours. Puis, pendant une semaine, j’étais mal et presque toujours, cela finissait en crise d’asthme, se rappelle Louise, une trentenaire qui a été désensibilisée petite fille. J’avais de surcroît l’impression d’aller tout le temps chez le docteur. » D’autres ne sont même pas allés au bout de leur désensibilisation. « C’était fastidieux, explique Jacques, qui avait entamé une désensibilisation au début des années 90. Je me suis découragé. » Depuis, il traite uniquement les symptômes de ses allergies, avec des antihistaminiques. Car l’écueil se trouve précisément là : les traitements de désensibilisation sont contraignants ; du coup, les patients n’ont pas toujours la force d’aller au bout.

 

Mais aujourd’hui, la désensibilisation ne se fait plus uniquement par injections, elle peut se faire par voie sublinguale, c’est-à-dire avec des gouttes ou des comprimés sous la langue. L’efficacité est la même qu’avec un traitement sous-cutané. Les solutions sublinguales sont disponibles depuis une dizaine d’années, tandis que les comprimés, arrivés sur le marché récemment, traitent les allergies aux graminées et devraient continuer à se développer pour les allergies aux acariens, bouleaux, ambroisie... L’avantage, est qu’il n’y a plus d’obligation de se rendre chez le médecin pour administrer le traitement. Et pour les comprimés en particulier, la conservation au réfrigérateur n’est pas nécessaire. Autant d’aspects pratiques sur lesquels miser pour que les patients soient plus observants avec leur traitement.

Selon le Dr Jean-Pol Dumur, vice-président du 8e Congrès francophone d’allergologie qui a actuellement lieu à Paris, la voie sublinguale permet de pallier deux problèmes prédominants de la désensibilisation par injections.


Ecoutez le Dr Jean-Pol Dumur, pneumologue et allergologue (Aix-en-Provence) : « La voie injectable comporte deux problèmes : celui de faire des piqures et celui des effets secondaires éventuels allant jusqu’au choc anaphylactique. »

 

 

Il n’a à ce jour pas été relevé d’effets secondaires graves avec la voie sublinguale, à la différence de la voie sous-cutanée, explique le Dr Dumur, mais pour autant, l’efficacité supérieure de cette voie reste à démontrer. Un gros bémol cependant pour la voie sublinguale : son prix, notamment en ce qui concerne les comprimés. « Cette voie est trois fois plus chère que la voie sous-cutanée. Et si la forme liquide est remboursée à 65%, elle ne l’est qu’à 15% pour les comprimés », détaille le Dr Dumur.

 

Les qualités de la voie sublinguale n’ont pas encore converti tout le corps médical. Certains médecins lui préfèrent encore la voie sous-cutanée, afin notamment de mieux surveiller l’observance chez le patient au cours des consultations pour les injections. Le choix reste ouvert.

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