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QUESTION D'ACTU

Risque de commotion cérébrale

Rugby : le plaquage ne devrait plus être enseigné aux enfants

Des médecins britanniques proposent de mettre fin à l'enseignement du plaquage au rugby chez les enfants. Le risque de commotion est trop élevé à leurs yeux.

Rugby : le plaquage ne devrait plus être enseigné aux enfants herreid/epictura

  • Publié 14.07.2017 à 17h36
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Faut-il mettre fin au plaquage au rugby ? Cette simple idée fait s’étrangler de rage les fervents amateurs du ballon ovale. C’est pourtant ce que proposent des médecins britanniques. Sans aller jusqu’à bannir ce geste, il sera judicieux d’en retarder l’apprentissage. Ils rappellent, dans le British Journal of Sports Medicine, que le plaquage favorise les blessures et peut provoquer des séquelles à long terme.

Les professionnels de santé s’accordent à le dire : les règles du rugby devraient évoluer, au moins chez les plus jeunes. D’après un sondage réalisé en 2015 par le BMJ, 65 % des praticiens souhaitent ainsi réduire le risque de commotion. Davantage estiment que le rugby scolaire devrait être plus sûr.

Trop jeunes

Mais tous ne partagent pas cet avis. Ce qui inquiète les auteurs de cette revue de la littérature. « En Angleterre, le plaquage est introduit avant 9 ans puis devient une part entière du match », rappellent-ils. Jusqu’en 2019, la fédération britannique initie un million de jeunes Anglais à cette discipline. Plaquage compris.

Des médecins du World Rugby se sont même fendus d’une étude, publiée en 2016, pour rassurer les inquiets. Les travaux précisent que, par rapport aux autres sports collectifs, le rugby n’augmente en rien le risque de blessures. Ce qui est faux, d’après les chiffres récoltés par les spécialistes de l’université de Newcastle (Royaume-Uni). A un jeune âge, le geste augmente considérablement le risque de blessures, particulièrement sur la zone de la tête et du cou.

Un risque variable

« Il y a consensus sur le fait que les sports de collision, dont le rugby, occasionnent plus de blessures que les autres sports, comme le football, souligne le Pr Allyson Pollock, co-auteur de cette revue. Le taux de commotions est plus élevé dans le rugby que dans tout autre sport qui s’adresse aux jeunes. » De fait, avant 20 ans, la moitié des accidents durant les matches sont dus à un plaquage.

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Certains publics sont particulièrement vulnérables aux dangers du plaquage. Les jeunes filles, par exemple, sont trois à quatre fois plus à risque de souffrir d’une commotion prolongée. Par rapport à leurs concurrents masculins, elles présentent des symptômes 28 jours de plus.

 

Un droit officiel

Si la commotion figure au centre des inquiétudes, c’est parce qu’elles peuvent avoir des répercussions durables. Avec le nombre de traumatismes crâniens, le risque de souffrir de déclin cognitif, d’une démence ou d’une maladie d’Alzheimer augmente.

Et les dégâts du plaquage s’étendent au-delà de ce symptôme. Fractures, entorses et autres incidents sont à prendre en compte. Mais paradoxalement, « aucun système de surveillance des blessures sportifs n’existe », déplorent les médecins de Newcastle. Ce constat est déjà suffisamment accablant.

Mais les Britanniques mettent en avant un autre argument. Selon les termes de la Convention internationale des Droits de l’Enfant, lutter contre les causes de blessures évitables est impératif.

 

Boxe : le cerveau soumis à de rudes chocs

La recherche du K.O. a des séquelles visibles sur l’organisme des boxeurs et des combattants de MMA. 291 d’entre eux ont été suivis pendant 5 ans par une équipe de la Cleveland Clinic (Etats-Unis). Leur évolution a été comparée à celle de 44 combattants retraités et 103 personnes ne pratiquant pas de sport de combat.

D’après les résultats, présentés au Congrès de l’Académie américaine de neurologie sur les commotions d’origine sportive, le cerveau endure mal les chocs répétés. Par rapport aux retraités, les combattants actifs présentent plus de traces de traumatisme crânien dans leur sang. Deux protéines, dont la protéine tau impliquée dans des maladies neurodégénératives, se retrouvent en plus fortes concentrations. Selon les chercheurs, cela reflète une blessure permanente au niveau du cerveau.

Le thalamus semble plus affecté que les autres régions. Son volume était 7 % plus faible parmi les combattants dont la concentration sanguine en protéine tau a augmenté au fil de l’étude. Cette zone est impliquée dans la régulation du sommeil, du langage, mais aussi du mouvement.

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