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Hallucinogènes de synthèse

Drogues : le NBOMe serait impliqué dans un deuxième décès

Le NBOMe serait impliqué dans le décès d'une jeune femme, à Paris. Cette nouvelle drogue est beaucoup plus puissante que les hallucinogènes traditionnels.

Drogues : le NBOMe serait impliqué dans un deuxième décès Des NPS vendus en ligne - David Pearson/REX/REX/SIPA

  • Publié 13.06.2017 à 11h32
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A Paris, une jeune fille est décédée après avoir absorbé une drogue présentée comme de la cocaïne, selon le Journal du Dimanche qui a révélé les faits. L’une des pistes suggérées par les analyses toxicologiques évoque la présence de NBOMe, un puissant hallucinogène encore peu répandu sur le sol français.

Les autorités européennes ont identifié une vingtaine de produits conçus à partir de NBOMe. La substance est dérivée des phényléthylamines et fait partie de ce que l’on appelle les « NPS », ces nouveaux produits de synthèse qui s’acquièrent sur les sites de vente de drogues en ligne.

Un décès indirect en 2013

Il ne s’agit pas du premier décès (potentiellement) lié à l’absorption de NBOMe en France. En 2013, l’enquête DRAMES attribuait la cause indirecte de la mort d’une personne à sa consommation de la substance. La victime était décédée d’un accident lié aux hallucinations puissantes générées par le produit.

Selon l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), le 25I-NBOMe a été identifié et signalé en France pour la première fois en 2012. La substance a été classée sur les listes françaises de stupéfiants en 2016. L’Observatoire Européen précise que 23 pays de l’UE ainsi que le Norvège ont déclaré des saisies de NBOMe. Plusieurs surdoses, dont certaines mortelles, sont à déplorer à travers le territoire européen (notamment au Royaume-Uni) mais plus encore aux Etats-Unis et en Australie.

"Perché toute la teuf"

Le point SINTES de septembre 2016 de l’OFDT précise que les phényléthylamines ont fait partie des échantillons de NPS les plus fréquemment collectés cette année-là, derrière les cathinones. L’Observatoire évoque un échantillon « contenant un mélange de 3 NBOMe différents, hallucinogènes puissants nécessitant des précautions d’usage particulières ».

Le produit a été « revendu au cours d’une free party en Aquitaine et a atteint un grand nombre de consommateurs. Selon le témoignage de l’un d’entre eux, il a « perché toute la teuf ». La consommation de ces molécules en mélange aurait pu, en outre, entraîner des cas graves d’intoxication tant les marges entre les doses provoquant un effet et les doses toxiques sont faibles », écrit l’OFDT.

Microdosages de rigueur

Revendus sous forme de timbre, de poudre ou de liquide, le NBOMe et ses composés sont particulièrement dangereux car, de l’avis des spécialistes, ils sont difficiles à doser. « Ils ont les mêmes effets sérotoninergiques que les autres drogues hallucinogènes type LDS, mais ils sont beaucoup plus puissants », explique Nicolas Authier, psychiatre, spécialisé en pharmacologie et addictologie.

Les effets secondaires – confusion, coma, hyperthermie… – peuvent ainsi survenir à faibles doses. « C’est un peu comme le fentanyl et la morphine : le premier est 100 fois plus puissant que la seconde. Les usagers n’ont pas l’habitude de ce produit peu commun, et en consomment de trop fortes doses, ce qui peut générer ces vagues d’intoxications que l’on a pu voir en Angleterre, par exemple ».

Le risque est d’autant plus élevé que des NBOMe peuvent être vendus sous couvert d’autres produits, comme ce qui semble avoir été le cas à Paris – bien que les analyses soient toujours en cours.



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