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QUESTION D'ACTU

Décès d'une patiente

Orthez : l'hôpital mis en examen pour homicide involontaire

Une jeune femme, prise en charge pour une césarienne, était décédée en 2014, suite à une erreur commise par une anesthésiste sous l'emprise de l'alcool. 

Orthez : l'hôpital mis en examen pour homicide involontaire sudok1/Epicturz

  • Publié 08.06.2017 à 20h00
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L’affaire avait fait grand bruit à l’automne 2014. Une jeune femme était morte en couches à l’hôpital d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Helga Wauters, l’anesthésiste qui avait pris en charge Xynthia Hawke lors d'une césarienne, présentait une alcoolémie de 2 grammes par litre de sang. Après le médecin, c’est au tour de l’hôpital d’Orthez d’être mis en examen, pour homicide involontaire, rapport la République des Pyrénées.

Une décision qui a surpris l’établissement hospitalier, qui s’était lui-même porté partie civile contre la praticienne, « pour concourir à la manifestation de la vérité, faire valoir ses préjudices et soutenir la famille de la victime et les agents du service public », a tenu à rappeler dans le quotidien régional, Frédéric Pigny, directeur de l’établissement de soins.

Recrutement douteux

Au cours de l’enquête, Helga Wauters n’avait pas nié avoir bu le soir du drame. Mais le décès de la patiente n’est pas le fruit d’un malheureux concours de circonstances. L’anesthésiste belge souffrait d’alcoolo-dépendance, liée vraisemblablement à un état dépressif. Ses collègues avaient d’ailleurs observé une élocution ralentie chez leur consœur et même une odeur d’alcool le soir du drame. Mais faute de personnel disponible, c’est bien l’anesthésiste belge qu’on avait laissée s’occuper de la future maman de 28 ans, qui n’aura jamais connu son bébé, lui sain et sauf.

Le rapport pathologique du médecin à l’alcool a rapidement posé la question de son recrutement. « C'est bien l'anesthésiste qui est directement responsable du décès de la patiente, mais il existe des causalités indirectes qui ont participé à ce que ce drame se produise, résume Me Courtois, avocat de la famille de la victime, citée par la République des Pyrénées. Le recrutement a été effectué de manière très cavalière, alors que l'anesthésiste avait été licenciée à deux reprises en Belgique pour son alcoolisme. Et une sanction de suspension aurait dû être prise à son encontre dans les jours qui ont précédé les faits. Ce drame aurait pu être évité. »

 

La clinique d'Orthez en ligne de mire

Un point de vue que partage visiblement le juge d’instruction en charge de l’affaire, mais pas l’avocat de l’hôpital, Me Béthune de Moro. Il a d’ores et déjà indiqué qu’il ferait appel de cette mise en examen. L’avocat soutient que l’hôpital d’Orthez n’avait pas la main sur le recrutement de cette praticienne, en réalité embauchée par la clinique d’Orthez ! « Le docteur Wauters a manifestement été considérée lors de cette intervention chirurgicale comme collaborateur occasionnel du service public hospitalier », fait valoir Me Béthune de Moro.

La prochaine étape de cette longue procédure pourrait justement concerner la clinique d’Orthez, qui pourrait rejoindre Helga Wauters et l’hôpital de la ville sur les rangs des mis en examen.

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