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Erection, lubrification, désir…

Infarctus : l’activité sexuelle perturbée pour un patient sur deux

Après un infarctus du myocarde, plus d'un patient sur deux tarde à reprendre une activité sexuelle. Dans l'année qui suit, troubles de l'érection, sécheresse vaginale sont fréquents.

Infarctus : l’activité sexuelle perturbée pour un patient sur deux Wavebreakmedia/epictura

  • Publié 01.09.2016 à 13h40
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Le cœur n’est pas le seul organe à pâtir des suites d’un infarctus du myocarde. Les organes sexuels font eux aussi les frais de ces incidents cardiovasculaires. Mais ce sujet est souvent ignoré. Deux équipes espagnole et américaine se sont penchées sur l’évolution de 2 800 patients l’année suivant leur crise cardiaque. Les femmes s’abstiennent plus souvent que les hommes durant cette période, expliquent les auteurs dans le JAMA Cardiology.

Plus de 50 % de perturbations

Les troubles de la fonction sexuelle ne sont pas rares après un infarctus du myocarde. Chez les volontaires actifs au début de l’étude, plus de la moitié ont repris leurs habitudes. 64 % des hommes ont de nouveau des rapports intimes dans le mois suivant l’incident, tout comme 55 % des femmes.
Pour les autres, la situation est plus complexe. Mais, comme le souligne l’un des auteurs de ces travaux, Harlan Krumholz, « trop souvent, les médecins et les chercheurs sont gênés à l’idée d’aborder la question de la santé sexuelle ». Et ce, malgré les besoins des patients.

Car pas moins de 60 % des patientes et 45 % des patients en réhabilitation souffrent de troubles sur le plan sexuel. La fréquence est donc la même que les perturbations physiques et supérieure à celle de la dépression. Chez les femmes, le manque d’intérêt et le manque de lubrification naturelle dominent. Chez les hommes, l'absence d'envie figure en deuxième position, après les troubles érectiles. Souffrir de stress et de diabète augmente la probabilité d’être abstinent.

Le silence des femmes

Harlan Krumholz plaide en faveur d’une prise en compte accrue de ces patients. « Nous devons nous impliquer dans un effort de connaissances sur la façon dont nous pouvons aider nos patients à améliorer leur existence sous tous les aspects », estime-t-il. Le fait est que peu de cardiologues endossent le rôle de conseiller qui leur échoit. Aux Etats-Unis comme en Espagne, une minorité de patients échangent avec leur spécialiste sur les retombées d’un infarctus.

Dans ce domaine, là aussi, les femmes sont nettement défavorisées. Elles sont presque deux fois moins nombreuses que les hommes à recevoir des conseils sur les événements auxquels s’attendre dans l’année (27 % contre 41 %).
Pour Stacy Tessler Lindau, également signataire de l’étude, « la phase de réhabilitation commence par l’entretien avec le cardiologue et le patient sur ses capacités fonctionnelles et sur ses attentes, y compris physiques, psychologiques et sexuelles. » La marge d’amélioration est majeure dans ce domaine. Le tabou est d’autant plus dommageable que, si le sujet est abordé avec l’équipe médicale, l’activité sexuelle reprend plus rapidement.

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