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Microcéphalie

Zika : le lien mère-enfant établi durant la grossesse

Le virus Zika a été repéré dans le cerveau d'un foetus microcéphale avorté. L'autopsie a révélé des anomalies cérébrales structurelles et des taux élevés du virus.

Zika : le lien mère-enfant établi durant la grossesse Felipe Dana/AP/SIPA

  • Publié 11.02.2016 à 18h57
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L’étau se resserre autour du virus Zika. La mise au jour du lien entre l’infection chez la femme enceinte et la survenue d’une microcéphalie chez le fœtus vient d’avancer d’un grand pas. L’autopsie d’un fœtus avorté microcéphal révèle la présence du virus dans son cerveau. C’est la révélation d’une étude de cas parue dans le New England Journal of Medicine.

La jeune maman à l’origine de cette publication est une Européenne de 25 ans, volontaire deux ans à Natal, au Brésil. C’est au cours de sa 13e semaine de gestation qu’elle contracte le virus Zika. De retour en Slovénie, les échographies réalisées entre 14 et 20 semaines ne signalent pas d’anomalie.

Des calcifications dans le cerveau

Mais la jeune femme remarque une moindre mobilité du fœtus et se rend au département de périnatologie du centre hospitalier universitaire de Ljubljana. L’échographie y confirme, à la 29e semaine d’aménorrhée, un retard de croissance et une microcéphalie, une anomalie congénitale qui se caractérise par le sous-développement de la boîte crânienne. Le pronostic est mauvais. La mère décide d’une interruption médicale de grossesse, approuvée par l’Etat et réalisée à 32 semaines de gestation.

L’autopsie du fœtus est alors réalisée en routine. Mais celle-ci a fait avancer d’un bond les connaissances sur le virus Zika. Les médecins confirment que l’enfant souffre de microcéphalie et de lésions cérébrales sévères. Au lieu de présenter les rainures habituelles, l’organe est lisse en surface et calcifié par endroits dans le cortex cérébral. Cela suggère la présence d’une inflammation lors du développement fœtal. Certaines zones sont totalement absentes, et le tronc cérébral et la moelle épinière souffrent d’hypoplasie.

Des taux très élevés

Les légistes ont surtout pu relever de hauts taux de virus Zika dans les tissus cérébraux, bien supérieurs à ceux détectés habituellement dans les échantillons sanguins. Son génome appartient à la souche présente en Polynésie française depuis 2013 et séquencée au Brésil depuis 2015.

L’autopsie met aussi en évidence une action spécifique du virus : il n’agit que sur le cerveau. Aucun autre organe du fœtus n’en présente de trace et aucune autre malformation n’a été observée.

Cet ensemble de signes « renforce l’association biologique » entre l’infection à virus Zika et la microcéphalie, aux yeux des Dr Eric Rubin, Michael Green et Lindsey Baden qui commentent cette étude de cas dans un éditorial. La confirmer devient pourtant urgent : rien qu’au Brésil, 4 000 cas suspects ont été signalés aux autorités, 400 cas confirmés. Le virus a été repéré chez 17 bébés.

 

Le virus identifié par les autorités américaines

Le timing est parfait pour les autorités américaines. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé avoir identifié le virus Zika dans les tissus de deux bébés décédés de microcéphalie au Brésil. « C’est la preuve la plus solide à ce jour que Zika est la cause de la microcéphalie », a souligné leur directeur Tom Frieden. Il a toutefois ajouté que le virus ne provoque pas cette malformation congénitale et que davantage de tests sont nécessaires afin de démontrer un lien.

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