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QUESTION D'ACTU

Prévenir la transmission materno-foetale

Deux tiers des Américaines séropositives sont mal suivies durant la grossesse

A l'accouchement, plus de la moitié des Américaines séropositives présentent un charge virale détectable, signe d'un mauvais suivi du traitement. 

Deux tiers des Américaines séropositives sont mal suivies durant la grossesse SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 27.08.2015 à 07h25
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La grossesse peut être un moment décisif pour les femmes infectées par le virus du sida de contrôler l’infection pour prévenir le risque de transmission à l’enfant. Mais peu d'Américaines ont cette chance, révèlent deux études menées par la même équipe de recherche et publiées dans le journal Clinical Infectious Diseases et PLOS ONE.

De fait, en suivant plus de 500 mères infectées par le VIH à Philadelphie entre 2005 et 2013, les chercheurs de l’université Drexel ont mis en évidence des lacunes importantes dans leur prise en charge.
Seulement un tiers a reçu un suivi adapté alors que, pour les deux tiers restants, celui-ci était d’un niveau moyen voire inadéquat. Et au moment de l’accouchement, soulignent ces résultats, à peine la moitié des femmes ont présenté une charge virale indétectable limitant le risque de transmission.

De meilleurs résultats en France

En France, en revanche, les données de l’Enquête périnatale française suggèrent de bien meilleurs résultats. « Seulement 3 % des femmes présentent à l’accouchement une charge virale très mal contrôlée », indique à Pourquoidocteur le Pr Laurent Mandelbrot, spécialiste du VIH et chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU Louis-Mourier (Hauts-de-Seine). Une réussite attribuée à l’évolution des traitements antirétroviraux de plus en plus efficaces et au fait qu’ils sont débutés dès que possible. 

D’ailleurs, les données les plus récentes de l’Enquête périnatale française démontrent que la prise d’antirétroviraux avant, pendant et après la grossesse permet d’atteindre un taux de transmission materno-fœtale quasi nul. « On essaie de préparer la grossesse à l’avance. On va démarrer chez la femme un traitement antirétroviral adapté qui n’est pas contre-indiqué pour l’enfant avant la conception. On évoque avec elle et son conjoint, si c’est possible, les rapports sexuels afin d’éviter les risques de transmission dans le couple », explique le spécialiste. 

Ecoutez...
Laurent Mandelbrot, chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU Louis-Mourier (Colombes, Hauts-de-Seine) : « Maintenant, quand on s'y prend à temps et que le traitement est bien pris, on arrive à avoir peu d'enfants infectés. C'est devenu beacoup plus accepté. »



Un suivi multidisciplinaire efficace

Et pour s’assurer que la grossesse se déroule bien et que le risque de transmission est faible, les futures mères ont rendez-vous tous les mois pour un examen clinique et une prise de sang afin de mesurer la charge virale. Un parcours de soins d’autant plus efficace quand les femmes sont prises en charge par une équipe multidisciplinaire dans un même hôpital hôpital ou du moins par des praticiens qui communiquent entre eux pour coordonner le suivi.

« Beaucoup de femmes sont suivies dans des centres hospitaliers qui disposent à la fois d’un service de maladies infectieuses ou de médecine interne qui suivent les personnes séropositives, d’une maternité et d’un service de pédiatrie, explique le spécialiste. Les patientes connaissent le lieu et les différents soignants. Et au moment de la sortie de la maternité, elles ont des rendez-vous pour revenir pour leur propre suivi et celui de leur enfant », relève le Pr Laurent Mandelbrot.

Cependant, en France comme ailleurs, des femmes échappent au suivi post-partum. A Philadelphie, les chercheurs américains se sont aperçus que 90 jours après la naissance de leur enfant, moins de 4 sur 10 ont vu un médecin. Or, « les femmes qui ont accès aux soins post-partum dans les 3 mois après leur accouchement sont 11 fois plus susceptibles de poursuivre ce suivi et ont 2 fois plus de chances de réduire la quantité de virus dans leur organisme au bout d’un an, relève Florence Momplaisir, professeur adjointe à l’école de médecine de l’université Drexel et responsable de ces travaux.

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