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Cancer colorectal : le nouveau test devrait améliorer le dépistage

Le nouveau test immunologique de dépistage du cancer colorectal sera disponible dès le 14 avril. L’Institut national du cancer espère augmenter la participation au dépistage de 10 à 15 %.

Cancer colorectal : le nouveau test devrait améliorer le dépistage Inca

  • Publié 26.03.2015 à 19h36
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Plus simple, plus performant, plus hygiénique et plus rapide. Il se sera fait attendre, mais le nouveau test immunologique de dépistage du cancer colorectal présente de nombreux atouts. Et l’Institut national du cancer (INCa) espère qu’il permettra d’améliorer la participation au dépistage organisé, en stagnation depuis plusieurs années.

 

Une participation qui stagne

Depuis 2009, les Français âgés de 50 à 74 ans reçoivent tous les deux ans une invitation pour participer au dépistage organisé du cancer colorectal ; un cancer meurtrier qui tue chaque année 17 500 personnes. Actuellement, moins de 32 % des 9 millions de personnes concernées font le choix de se soumettre à ce dépistage. Un taux de participation qui stagne, et qui est surtout « trop bas pour permettre d’atteindre les objectifs de santé publique de réduction de la mortalité », souligne Agnès Buzyn, directrice de l’INCa. Elle déplore qu’il soit encore si « compliqué de communiquer autour de ce cancer », qui concerne 42 100 personnes par an (23 200 hommes et 18 900 femmes) : « Ce dépistage reste encore tabou ».

 

Test trop contraignant

Des études ont montré que le délai moyen entre la remise du kit de dépistage et la réalisation du test est de deux mois, six dans la région Île-de-France ! Si la peur d’entrer dans un processus de dépistage, qui peut aboutir à l’annonce d’un cancer, joue certainement, les contraintes pratiques liées à l’utilisation du test Hemoccult II® ont sans doute rebuté beaucoup de candidats au dépistage. « Ce test nécessitait six recueils de selles sur trois jours consécutifs, rappelle Jérôme Viguier. Il fallait ensuite étaler des prélèvements de selles sur des petits bouts de carton, les conserver, et après trois jours, envoyer le tout au laboratoire. »

 

Avec le nouveau test immunologique, qui sera disponible dès la mi-avril, l’opération promet d’être plus simple, rapide et hygiénique. De quoi motiver les 50-74 ans à franchir le pas. « Nous voulons que les gens considèrent ce test comme un geste simple, qui peut leur sauver la vie, et que cela s’incrive dans la normalité », explique Jérôme Viguier. Un seul prélèvement suffira, et le matériel a été pensé pour simplifier au maximum la procédure.

Pour convaincre, l’INCa n’a rien laissé au hasard. Le packaging et le mode d'emploi ont été soumis à un panel d'utilisateurs, et adaptés en fonction des remarques émises. Une vidéo explicative, qui montre pas à pas la marche à suivre pour bien réaliser le test, sera également disponible sur le site de l’INCa pour accompagner l’utilisateur. Nul doute que le ton humoristique du petit film saura convaincre les plus réticents.

 

Dépister plus tôt

Le test immunologique promet également d’être plus performant. La méthode colorimétrique utilisée actuellement avec le test Hémoccult II®, au gaïac, permet juste de dire si oui ou non de l’hémoglobine (protéine des globules rouges) est présente dans les selles. Mais elle ne différencie pas l’hémoglobine animale ou humaine. Le test peut donc être positif si on l’effectue par exemple après mangé du boudin. Le nouveau test sera spécifique, et surtout, il devrait permettre de détecter 2,5 fois plus d’adénomes avancés, un stade précoce du cancer colorectal. Or, quand il est dépisté tôt, ce cancer se soigne bien.

 

Remobiliser les généralistes

L’INCa espère avec ce nouveau dispositif de dépistage augmenter la participation de 10 à 15 %. Pour y parvenir, il faudra aussi remobiliser les médecins généralistes : « Nous espérons que notre campagne de communication touchera les praticiens, car ils sont les premiers vecteurs de ce dépistage, or, nous ne sommes plus sûrs de leur implication, souligne Agnès Buzyn. Nous voulons aujourd’hui redonner une dynamique au processus et réaffirmer le rôle des généralistes. »

Un rôle prépondérant quand on sait que 90 % des personnes qui ont reçu leur kit de dépistage lors d’une consultation auprès de leur médecin traitant réalisent le test. Pour être certain de toucher un maximum de personnes, l’INCa évalue aussi des alternatives reposant sur d’autres professionnels de santé. Actuellement, une étude est menée dans le Finistère avec des pharmaciens.

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