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Méta-analyse dans le Lancet

Grippe : le Tamiflu réduit la durée et l'intensité des symptômes

Par Julie Levallois

Des symptômes moins marqués, moins de complications. L’antiviral Tamiflu réduit la durée de la grippe d’une journée selon une méta-analyse indépendante.

Darren Calabrese/AP/SIPA

Une journée de moins avec la grippe. L’antiviral oseltamivir (Tamiflu) réduit la durée et l’intensité des symptômes de la grippe. C’est ce que conclut une méta-analyse indépendante publiée dans la revue The Lancet.

 

Des symptômes moins longs

Les Dr Arnold Monto, professeur d’épidémiologie à l’Ecole de Santé publique à l’université du Michigan (Etats-Unis) et Stuart Pocock, professeur de Statistique médicale à la London School of Hygiene & Tropical Medicine (Royaume-Uni) ont passé en revue neuf essais cliniques fournis par le laboratoire Roche. Les 4 300 participants, recrutés entre 1997 et 2001, ont pris 75 mg de Tamiflu ou un placebo lors d’un syndrome grippal.

 

L’antigrippal agit à la fois contre le virus et les symptômes de la grippe. Avec un placebo, les patients sont malades 123 heures en moyenne (5 jours). Sous Tamiflu, la durée est réduite d’environ une journée (98 heures). Surtout les patients traités souffrent de moins de complications et ont moins besoin d’être hospitalisés. Le risque d’infections des voies respiratoires est réduit de 44 % par rapport au placebo, celui d’admissions à l’hôpital de 63 %. Un argument pour l'utilisation de l'antiviral chez les patients les plus fragiles, et à risque de complication.

 

Plus de nausées

Le traitement par oseltamivir n’augmente pas les troubles sur le plan neurologique ou psychologique. En revanche, il accroît le risque de nausées et de vomissements de 3,7 % et 4,7 %.

« Puisque que les bénéfices ne se manifestent que chez les patients atteints d’une grippe confirmée en laboratoire, mais que le risque d’effets secondaires est accru chez tous les patients, un test diagnostic rapide est conseillé avant d’administrer de l’oseltamivir en routine », concluent Heath Kelly de l’université nationale d’Australie à Canberra et Benjamin Cowling de l’université de Hong Kong dans un commentaire associé à l’étude. « En cas de pandémie ou d’épidémie sévère, l’oseltamivir peut être utilisé en prévention lorsqu’il y a une forte probabilité qu’un syndrome grippal soit causé par une infection par le virus de la grippe, et quand l’infection risque d’être grave. »