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Nutrition

Absorber 300 calories en moins chaque jour aurait des effets bénéfiques sur la santé

Par Raphaëlle de Tappie

Réduire sur le long terme son apport quotidien de 300 calories pourrait entraîner une perte de poids, une diminution du cholestérol et de l’inflammation de l’estomac, selon des chercheurs américains. 

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Il ne faut pas trop manger pour être en bonne santé, c’est bien connu. Mais pour l’heure, plusieurs questions restent en suspens concernant l’apport calorique. Combien de calories faut-il supprimer au quotidien ? Quel est l’impact direct de cette restriction sur la santé ? D’après une étude parue le 11 juillet dans The Lancet, diminuer son alimentation quotidienne de 300 calories pourrait entraîner non seulement une perte de poids mais également une diminution du cholestérol et de l’inflammation de l’estomac.

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs américains ont suivi pendant deux ans 143 personnes en bonne santé âgées de 21 à 50 ans à qui ils ont demandé de réduire leur apport calorique de 25%, peu importe ce qu’elles consommaient. Dans le même temps, ils ont suivi un groupe témoin de 74 autres participants qui n’a pas eu à changer son alimentation.

Les scientifiques ont alors pu observer à quel point la restriction calorique pouvait être difficile. Même avec un programme de formation intensif où ils ont appris à cuisiner des repas hypocaloriques, des séances de groupe et des visites régulières avec des nutritionnistes, les participants au régime n’ont pas pu atteindre l’objectif demandé. En moyenne, ils ont tout de même réussi à réduire d’environ 12% leur consommation totale de calories soit environ moins 300 calories par jour ou l’équivalent d’un petit Frappuccino Starbucks. 

Un meilleur sommeil, plus d'énergie et de la bonne humeur

Au cours de l’étude, les chercheurs ont constaté que les sujets au régime ne modifiaient par leur apport en protéines mais consommaient en revanche beaucoup moins de matière grasse et un peu moins de glucides. Par ailleurs, ils consommaient davantage de vitamines A et K et de magnésium. Ainsi, "ils mangeaient des aliments plus sains (…). Des choses comme les noix, les grains entiers, les légumes verts et les légumineuses", remarque Susan B. Roberts, co-auteure de l'étude.

Et même si l’objectif de -25% de calories n’a pas été atteint, les chercheurs ont tout de même pu observer une amélioration de la santé cardiovasculaire et métabolique des participants. En deux ans, ces derniers ont perdu du poids (en moyenne 7kgs) et de la graisse corporelle. Leur taux de cholestérol s’est amélioré, leur pression artérielle a légèrement diminué ainsi que les inflammations. Par ailleurs, ils contrôlaient mieux leur glycémie.

Qui plus est, le groupe restreint en calories a fait état d’un meilleur état de sommeil, de plus d’énergie et d’une meilleure humeur. Par rapport au groupe témoin, ces participants n’ont pas non plus déclaré d’augmentation significative de la faim ou des fringales.  

Il n'est pas encore possible de voir les effets en terme de longévité 

"Nous n'avons pas été surpris par les changements (…) Mais leur magnitude était plutôt étonnante. Chez les malades, il n'y a pas cinq médicaments combinés qui pourraient entraîner cette amélioration globale", s’enthousiasme William Kraus, l'auteur principal de l'étude. Ainsi, la restriction calorique aurait des effets biologiques uniques sur le corps.

Toutefois, il est encore trop tôt pour déterminer si les améliorations observées se traduiront en termes de longévité et de diminution des maladies chroniques, commente Frank Hu, directeur du département de la nutrition dans un programme d’Harvard, qui n'a pas participé à la recherche.

Et malheureusement, réduire drastiquement sa consommation de calories est très compliqué étant donné que "nous vivons dans un environnement obésogène avec une abondance d'aliments riches en énergie et pauvres en nutriments qui sont bon marché, accessibles et très commercialisés", développe-t-il.

Quels régimes pour réduire son apport calorique ?

Certains individus pourraient toutefois réussir à réduire leurs calories grâce au jeûne intermittent, au régime méditerranéen ou à un régime pauvre en glucides, avance-t-il.

Ces derniers mois, plusieurs études ont d’ailleurs vanté les mérites de ces deux dernières pratiques alimentaires. Le régime méditerranéen, qui favorise les fruits, les légumes, les produits laitiers sans graisses, les huiles saines, les graines et le poisson, pourrait protéger les personnes âgées contre la dépression et avoir des bienfaits sur les performances physiques, la santé cognitive, le risque cardiovasculaire, la grossesse, le cancer du sein, l'ostéoporose, la qualité du sperme, la ménopause, la cirrhose du foie, la FIV ou encore le surpoids.

Quant au régime cétogène, pauvre en glucides et riches en graisses, il pourrait booster les réflexes cognitifs des malades qui commencent à souffrir d'Alzheimer.